
Vous vous souvenez de Rupert Grint en Ron Weasley, la tignasse rousse et l’air perpétuellement inquiet ? Le revoilà, jeune père cette fois, dans une maison isolée au milieu des bois finlandais. Et son personnage a de très bonnes raisons d’être inquiet.
Nightborn, c’est le deuxième film de Hanna Bergholm, la réalisatrice qui avait frappé fort en 2022 avec Hatching, cette histoire d’ado et d’œuf monstrueux qui avait fait le tour des festivals de genre. Quatre ans plus tard, elle revient sur son terrain de prédilection : la maternité comme source de terreur pure. Sauf que cette fois elle tourne en anglais, avec un casting international, et elle vise plus haut.
Le pitch tient en une phrase glaçante. Saga, jouée par la Finlandaise Seidi Haarla, et Jon viennent d’avoir un bébé. Le bonheur devrait être total. Sauf que Saga sent que quelque chose ne va pas du tout avec ce nouveau-né, une intuition qu’elle garde pour elle et qui va lentement la ronger. On reste dans le folk horror, ces forêts nordiques où le surnaturel affleure sans crier gare, mais Bergholm y greffe une vraie dose d’humour noir. Le film mêle le malaise viscéral et le rire nerveux, et c’est justement là qu’il devient intéressant.
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Présenté en compétition à la Berlinale en février, en lice pour l’Ours d’or, Nightborn a divisé. La presse anglo-saxonne est plutôt convaincue, autour de 70 % d’avis positifs, saluant l’audace de la mise en scène et l’ambiance poisseuse. D’autres tordent le nez : Peter Bradshaw, du Guardian, n’a mis que deux étoiles sur cinq et parle d’une déception après le formidable Hatching. Le reproche revient souvent, un scénario un peu maigre que le film noierait sous l’hémoglobine.
Mon avis ? Quatre-vingt-douze minutes, un vrai parti pris visuel et Rupert Grint qui prouve enfin qu’il existe loin de la baguette magique, ça se tente. Si vous avez aimé les horreurs maternelles à la Rosemary’s Baby ou le cinéma de genre venu du Nord, vous devriez y trouver votre compte. Si vous attendez du Bergholm au sommet de son art, gardez quand même Hatching sous le coude. Le film débarque sur la plateforme de genre Shudder le 31 juillet, de quoi occuper une soirée d’été bien au frais.
Crédit photo : Illustration générée par IA





