
L’idée est toute bête et personne n’y avait pensé aussi frontalement : installer dans le musée qui frappe la monnaie française une exposition entière sur l’argent tel que la BD le raconte depuis toujours. Ça s’appelle « CLING ! La bande dessinée parle cash », c’est à la Monnaie de Paris, et vous avez jusqu’au 6 septembre pour y filer.
Le principe est clair. Depuis deux siècles, la BD n’arrête pas de parler de fric. Elle le convoite, le vole, le brûle, ou nage carrément dedans. L’expo réunit plus de 250 planches, dessins et documents originaux, des comic strips américains du début du XXe siècle aux mangas, en passant par toute la tradition franco-belge. On y croise forcément Picsou et son coffre, mais aussi Astérix, Tintin, Lucky Luke et les Dalton, Gaston Lagaffe, les Schtroumpfs, Batman, Corto Maltese ou Lupin III.
Ce qui rend le truc intelligent, c’est le parti pris des commissaires Lucas Hureau et Damien MacDonald. Plutôt que d’aligner des vignettes rigolotes, ils découpent le sujet en huit archétypes : l’aventurier, le voleur, le dépensier, le marginal, le milliardaire, le joueur, le faussaire et l’alchimiste. Chacun a été confié à un auteur d’aujourd’hui pour une création originale, et on retrouve là des pointures comme Blutch, Nicolas de Crécy, Florence Cestac ou Catherine Meurisse. Du coup l’expo raconte autant l’histoire de la BD que celle de notre rapport à l’argent, de la ruée vers l’or à la finance devenue invisible, du lingot bien lourd au billet contrefait.
Et si l’expo vous donne envie de replonger dans le canard le plus riche du monde, l’oeuvre de reference reste La Jeunesse de Picsou de Don Rosa.
La Jeunesse de Picsou – Coffret Tomes 1 et 2 (Don Rosa) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
C’est là que le lieu prend tout son sens. Voir Picsou plonger dans ses pièces à quelques mètres des ateliers où l’on frappe encore de vraies médailles, ça donne un petit vertige assez plaisant.
Alors oui, le côté grand public est assumé, et ceux qui espéraient une plongée pointue dans l’underground américain resteront peut-être un peu sur leur faim. Mais bon, ce n’est pas le sujet. C’est une expo qui se visite en famille, qui fait sourire les grands en réveillant de vieux souvenirs de lecture et qui parle aux plus jeunes sans les prendre de haut.
Si vous passez par Paris cet été, ou juste par vieille tendresse pour Balthazar Picsou, c’est franchement une belle idée de sortie.
Crédit photo : Monnaie de Paris





