Culture

Un décorateur de Your Name signe enfin son propre film, et il en fait un feu d’artifice de 330 ans

posted by Vincent 12 août 2026
Image du film d'animation Une aube nouvelle de Yoshitoshi Shinomiya : une jeune femme dans un paysage peint

Vous avez sûrement déjà vu le travail de Yoshitoshi Shinomiya sans connaître son nom. C’est lui qui peignait les décors de Your Name, ces ciels qui font pleurer les salles entières, et on le retrouvait aussi sur Dans un recoin de ce monde. Le voilà pour la première fois seul aux commandes, avec Une aube nouvelle, sorti en salles ce 12 août.

L’histoire tient dans une maison qui menace de s’écrouler. La fabrique de feux d’artifice des Obinata existe depuis 330 ans, et elle est aujourd’hui à deux doigts d’être saisie puis rasée. Keitarō, le fils de l’ancien patron mort depuis peu, y vit seul et s’entête à reprendre le rêve de son père : le shuhari, un feu d’artifice mythique censé contenir l’univers entier. Son frère Chicchi et Kaoru, l’amie d’enfance qui traîne ses propres fantômes, finissent par le rejoindre.

Le mot shuhari n’est pas décoratif. Il vient des arts martiaux et décrit trois âges de l’apprentissage : respecter la règle, s’en détacher, puis la dépasser. Tout le film parle de ça au fond, de ce qu’on hérite et de ce qu’on a le droit de casser.

Your Name.

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Reste que la vraie raison d’y aller, c’est ce que ça donne à l’écran. Shinomiya travaille en illustrateur avant tout, et chaque plan ressemble à un tableau qui bouge. Il glisse des séquences en stop-motion, joue de la caméra multiplane, va jusqu’à poser des gouttes de gel sur l’objectif pour fabriquer de vraies bulles, et baigne tout ça dans des contre-jours à tomber. Le jury d’Annecy lui a d’ailleurs remis son prix Contrechamp, et Berlin l’avait sélectionné en compétition avant ça.

Alors soyons honnêtes, tout n’est pas parfait. Plusieurs critiques, dont Paris Match, pointent un scénario qui manque un peu d’enjeu, parfois plus contemplatif que vraiment tendu. Si vous cherchez un récit qui vous serre la gorge de bout en bout, vous risquez de trouver le temps long.

Mais si vous acceptez de vous laisser porter par une heure et demie de pure beauté, comme on regarderait un vrai feu d’artifice sans chercher à le raconter après, c’est un des plus beaux objets animés de l’été. Un premier film qui ose la lenteur, et qui la tient jusqu’au bout.

Crédit photo : MIYU Production

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