
Il s’appelle Gabriel, il vend des routines de peau à cent mille abonnés, et il voudrait qu’on le prenne au sérieux comme comédien. Voilà le point de départ de Microstar, sorti le 8 juillet, premier long-métrage d’un réalisateur de 27 ans, Léopold Kraus, tourné en une vingtaine de jours et pourtant plus vivant que la moitié des comédies françaises calibrées de la saison.
L’idée est simple et cruelle. Gabriel (Abraham Wapler) croise Stanislas (Félix Lefebvre), fils à papa charmant qui lui propose de monter une marque de bijoux, et devine surtout dans cette poignée de main un ticket d’entrée pour la jeunesse dorée parisienne. En parallèle, il s’attache à Pauline (Raïka Hazanavicius), chercheuse en écologie politique, c’est-à-dire quelqu’un dont le métier consiste à croire encore que les choses ont un sens.
Le film aurait pu se contenter de moquer les influenceurs, sport national qui coûte zéro effort. Kraus fait l’inverse : il prend son personnage au sérieux, filme la fatigue derrière la lumière annulaire, et laisse la satire monter toute seule.
Il y a une scène qui restera. Wapler et Hazanavicius, tous deux enfants de gens connus, débattent avec un aplomb formidable des dérives des nepo babies dans le cinéma. Le vertige est total, et le film le sait très bien. Rares sont les comédies françaises qui osent placer leur propre équipe dans le viseur.
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Ce qui frappe surtout, ce sont les dialogues. Ils sonnent. Personne n’y parle comme dans un scénario relu par quatre producteurs, on entend des gens de vingt-cinq ans se draguer, mentir, se rattraper, hésiter. Kraus filme sa génération de près, sans la mépriser ni la flatter, y compris quand il aborde le désir et le corps avec une franchise désarmante.
Tout n’est pas parfait. Les séquences en boîte de nuit s’étirent pour des raisons purement esthétiques, on sent le jeune cinéaste qui aime trop ses propres images, et la presse s’est arrêtée à une moyenne polie de 3 sur 5 quand les spectateurs, eux, tapent plutôt le 4. Sur 1h27, la longueur reste supportable.
Pour qui, alors ? Pour ceux qui n’ont pas envie de choisir entre une comédie légère et un film qui pense un peu. Vous en sortez de bonne humeur, avec cette drôle d’arrière-pensée sur ce que vaut une image quand il n’y a plus rien derrière. C’est déjà beaucoup pour un premier film de juillet.
Crédit photo : Moonlight Films Distribution





