
Il y a des films qu’on aborde en se disant qu’on connaît déjà la chanson, et qui finissent par vous laisser sur le carreau. In Waves, sorti mercredi 1er juillet dans les salles françaises, fait exactement ça. C’est un long métrage d’animation signé Phuong Mai Nguyen, son tout premier, adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, un livre déjà culte chez les amateurs de bande dessinée.
L’histoire tient en quelques lignes. À Los Angeles, AJ, ado plutôt discret, passionné de skate et de dessin, tombe amoureux de Kristen, une fille qui vit pour le surf. Elle lui apprend à lire l’océan, à attendre la bonne vague. Et puis la maladie s’invite, brutale, et le récit bascule dans autre chose. Le surf devient alors le fil qui relie tout, l’amour, le deuil, la façon de tenir debout quand la mer se retire.
Sur le papier, c’est le genre d’histoire qu’on a vue cent fois, l’amour et la maladie, le mélodrame bien connu. Sauf que voilà, la mise en scène change tout. L’animation est magnifique, surtout dès qu’il y a de l’eau à l’écran. Les vagues respirent, la lumière californienne cogne, et les scènes de surf ont une fluidité qui vous scotche. Le Monde parle d’une adaptation fidèle qui pousse peut-être un peu le curseur du mélo, et c’est vrai qu’on sent parfois la corde se tendre. Mais bon, on marche quand même.
Le film est adapté de cette bande dessinée autobiographique, primée au Prix BD Fnac / France Inter. À lire avant ou après la séance.
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Il faut dire que le film arrive précédé d’une jolie réputation. Il a ouvert la Semaine de la critique à Cannes en mai, avant de passer en compétition officielle à Annecy en juin, la Mecque de l’animation. Diaphana le distribue, la version française réunit les voix de Lyna Khoudri et Rio Vega, et tout ça tient en une heure trente et une, un format resserré qui évite le pathos étiré.
Alors pour qui ? Pour les gens qui aiment quand un dessin animé vise clairement le public adulte, pour ceux que Là-haut ou Your Name avaient cueillis, pour les surfeurs et pour tous les autres. Prévoyez juste des mouchoirs, ce n’est pas une figure de style. In Waves ne réinvente rien, mais il raconte sa peine avec une délicatesse rare, et par les temps qui courent, ça compte beaucoup.
Crédit photo : Diaphana





