Culture

À tout juste 20 ans, la fille de Dave Grohl sort un premier album qui sent bon les années 90

posted by Vincent 30 juin 2026
Pochette de l'album Be Sweet To Me de Violet Grohl : jeune femme en robe blanche assise dans les hautes herbes, photo en noir et blanc

Porter le nom de Grohl, c’est traîner derrière soi une ombre encombrante. Le père a tenu la batterie de Nirvana, puis fondé les Foo Fighters. Difficile de débarquer avec une guitare sans qu’on vous colle aussitôt une étiquette dans le dos.

Violet Grohl a choisi de ne pas s’en cacher. Son premier album, « Be Sweet To Me », est sorti fin mai chez Republic Records, et il assume pleinement son amour des années 90. Pas celles de papa, d’ailleurs, mais celles des Breeders, de PJ Harvey, des Pixies et des Cocteau Twins. Du rock alternatif qui flirte avec la dream-pop, des guitares qui grattent et des voix qui flottent.

Onze titres, à peine plus d’une demi-heure. On est loin du disque-fleuve qui s’écoute en diagonale. Tout est ramassé, nerveux, et ça fait du bien. Les trois singles parus avant l’album, « 595 » et « Cool Buzz » en tête, donnaient déjà le ton : une jeune femme qui sait ce qu’elle aime et ne cherche pas à plaire à tout le monde.

Et c’est là que ça se discute. La presse anglo-saxonne a renvoyé un accueil partagé. Metacritic affiche un 74 sur 100, ce qui reste très correct pour un premier disque. Clash a salué l’étendue vocale et le caractère. Le Guardian, lui, a trouvé le tout « trop respectueux, trop prévisible », reprochant à Violet Grohl de copier ses idoles plus que de s’en émanciper.

Violet Grohl - Be Sweet To Me

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Les deux ont un peu raison. Quand on connaît bien Kim Deal ou Polly Jean Harvey, on entend les filiations à plein nez, parfois jusqu’au calque. Mais il y a aussi une vraie personnalité qui pointe, surtout dans les textes. Violet Grohl y glisse une imagerie cinématographique, presque lynchéenne, pour parler de deuil, de désir et de ce moment bancal où l’on cesse d’être une enfant. « Cool Buzz » s’attaque même frontalement à la misogynie ordinaire.

Alors oui, ce n’est pas la révolution. C’est un disque de fan devenue artiste, qui rejoue avec sincérité une époque qu’elle n’a pas vécue. Mais c’est tenu, sincère, et porté par une voix qui ne doit rien à personne.

Si le grunge nostalgique et les guitares brumeuses vous parlent, vous passerez une bonne demi-heure. Et on se dit qu’avec un deuxième album, une fois l’hommage digéré, elle pourrait bien nous surprendre pour de bon.

Crédit photo : Republic Records

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