Culture

L’Illusion de Yakushima : Naomi Kawase filme une Française au Japon qui se bat pour le don d’organes

posted by Vincent 22 juin 2026
Affiche du film L'Illusion de Yakushima de Naomi Kawase avec Vicky Krieps

Il y a des films qui vous attrapent sans crier gare. L’Illusion de Yakushima, sorti mercredi dernier, en fait partie. Naomi Kawase, la cinéaste japonaise qu’on n’avait plus vraiment vue depuis cinq ans, revient avec une histoire toute simple sur le papier, et qui pèse beaucoup plus lourd qu’elle n’en a l’air.

Corry est française et vit au Japon. À l’hôpital de Kobé, elle coordonne les greffes cardiaques d’enfants en attente d’un donneur. Sauf que le don d’organes reste un sujet difficile dans la culture japonaise, où l’idée de prélever un cœur après la mort se heurte à des croyances anciennes. Corry, elle, se bat au quotidien pour faire bouger les lignes. Et quand son compagnon Jin disparaît, c’est une course contre la montre qui commence, pour un de ses petits patients.

C’est Vicky Krieps qui porte tout ça, et elle est franchement remarquable. Elle joue cette femme avec un mélange de douceur et de ténacité qui sonne toujours juste. Jamais dans la démonstration, jamais dans le pathos appuyé. On la suit sans effort, on s’attache, on tremble un peu pour elle.

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Kawase filme le Japon comme personne. L’île de Yakushima, ses forêts humides, sa lumière, tout cela devient un personnage à part entière. Il y a quelque chose de méditatif dans sa manière de poser la caméra, de laisser respirer les plans. Et malgré la gravité du sujet, la mort, le deuil, l’attente, le film garde une vraie luminosité. C’est doux et grave en même temps, et c’est plutôt rare.

Alors, est-ce parfait ? Non. Le récit jongle entre l’intrigue à l’hôpital et la vie intime de Corry, et les allers-retours ne sont pas toujours bien huilés. Quelques flashbacks tombent un peu à plat, et le film se perd parfois dans sa propre contemplation, au point de relâcher la tension. Deux heures, ça se sent par moments.

Mais ces réserves ne pèsent pas lourd face à ce que Kawase réussit. C’est un cinéma de la sensation et de l’émotion, qui prend son temps et fait confiance au spectateur. Si vous aimez les drames qui creusent l’âme humaine et les questions qui dérangent, foncez. Si vous cherchez du rythme et de l’action, passez votre chemin. Pour ma part, c’est le genre de film qu’on n’oublie pas en sortant de la salle.

Crédit photo : Ad Vitam

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