
Vous connaissez forcément Seven Nation Army, ce riff que les stades du monde entier scandent depuis vingt ans. L’homme derrière, c’est Jack White, moitié des White Stripes, et il vient de sortir le 10 juillet son septième album solo, Frozen Charlotte, sur son propre label Third Man Records.
Le titre intrigue. Frozen Charlotte, c’est le nom d’une poupée victorienne en porcelaine, inspirée d’une vieille ballade américaine du XIXe siècle où une jeune fille meurt gelée en refusant de couvrir sa belle robe pour aller au bal. White en a sculpté une version, un crâne posé sur le corps de la poupée, pour son exposition londonienne, et il en a fait sa pochette. Morbide et enfantin à la fois, ça lui ressemble bien.
Musicalement, il continue sur la lancée de No Name, sorti en 2024. Treize morceaux, quarante-deux minutes, enregistrés à Nashville et produits par ses soins. La vraie nouveauté, c’est qu’il garde le même groupe deux albums de suite, une première pour lui: Dominic Davis à la basse, Patrick Keeler à la batterie, Bobby Emmett aux claviers. Le garage rock de No Name s’ouvre cette fois à quelque chose de plus classic rock, avec des dialogues orgue-guitare qui lorgnent franchement du côté de Deep Purple.
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Et la guitare, justement, prend toute la place. Consequence parle d’une comédie guitaristique, et c’est assez juste: les chansons existent surtout pour que White fasse chanter son instrument, quitte à reléguer les mélodies vocales au second plan. Sur You’ll Never Fix Me, il balance des envolées dignes du hair metal, avec un petit sourire en coin. Raising the Grain vous cueille avec un breakdown bien musclé. Côté paroles, par contre, il assume la répétition pure: Dollar Bill ne compte que trente-deux mots différents. On est loin des brûlots politiques des débuts.
La critique a suivi sans réserve. 84 sur 100 sur Metacritic, numéro un des ventes d’albums indépendants aux États-Unis. Pour un type qui aurait pu se contenter de rejouer ses vieux tubes, c’est plutôt une belle preuve de vitalité.
Faut-il tendre l’oreille? Si vous aimez le rock à guitares, franc et un peu bordélique, foncez. Si vous cherchez les fulgurances poétiques d’Elephant, vous risquez de rester sur votre faim. Mais quand White s’amuse autant, difficile de faire la fine bouche.
Crédit photo : Third Man Records





