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Cobra Kai, ou comment des quadras règlent enfin leurs comptes d’ados

posted by Vincent 15 janvier 2022
Cobra Kai, ou comment des quadras règlent enfin leurs comptes d'ados

Personne n’attendait vraiment une suite à Karaté Kid. Le film des années 80, avec son tournoi mythique et son fameux coup de la grue, semblait définitivement rangé au rayon nostalgie. Et puis Cobra Kai est arrivé, et a transformé cette nostalgie en véritable machine à émotions.

L’idée de départ est maligne. On reprend l’histoire des décennies plus tard, mais en changeant de point de vue. Johnny Lawrence, le grand méchant blond du film original, devient le personnage central. Le bourreau d’hier est désormais un type cabossé, un peu pathétique, profondément attachant.

Car c’est tout le pari de la série : il n’y a pas de méchant absolu. Johnny traîne ses rancœurs, ses échecs, son alcoolisme. Daniel LaRusso, le héros d’autrefois, n’est pas non plus le saint qu’on imaginait. Les rôles se brouillent délicieusement.

Sous ses airs de divertissement bourré de coups de pied, Cobra Kai parle en réalité de blessures jamais refermées. Ces hommes mûrs rejouent inlassablement un conflit de jeunesse, incapables de tourner la page. Le karaté devient le langage de leurs frustrations.

C’est là que la série touche juste. On y reconnaît cette manie très humaine de rester prisonnier de son adolescence, de ses humiliations, de ses victoires fanées. Combien d’adultes vivent encore avec le souvenir cuisant d’une cour de récré ?

La nouvelle génération n’est pas en reste. Les ados de la série reproduisent les mêmes guerres de clans, les mêmes loyautés, les mêmes trahisons. La violence se transmet comme un héritage, d’un dojo à l’autre, d’une rancune à la suivante.

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Le tout est porté par un humour assumé et un sens du second degré salvateur. La série sait qu’elle joue avec des codes datés, des mèches blondes et des bandanas. Elle l’embrasse au lieu de s’en excuser, et c’est ce qui la rend irrésistible.

Il y a aussi cette vraie question morale qui irrigue l’ensemble : qu’est-ce qu’on transmet ? Frapper le premier ou tendre l’autre joue ? Les deux philosophies de karaté qui s’opposent sont au fond deux façons d’éduquer, deux visions du monde.

On rit beaucoup, on cogne pas mal, mais on s’attache surtout à ces personnages cabossés qui cherchent une forme de rédemption. Derrière les chorégraphies de combat, c’est une histoire de pères, de fils et de secondes chances.

Au final, Cobra Kai réussit l’exploit rare de marcher sur deux pieds. Elle régale les nostalgiques avec ses clins d’œil et séduit les nouveaux venus avec ses vrais enjeux. Une thérapie de groupe déguisée en tournoi d’arts martiaux, et franchement, on en redemande.

Crédit photo : DR

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