Culture

La Statue de la Liberté vue de dos : Orsay ressort enfin l’homme qui l’a rêvée

posted by Vincent 9 septembre 2026
La Statue de la Liberté d'Auguste Bartholdi dans le port de New York

On connaît tous la silhouette. Le flambeau, la couronne à sept branches, la robe verdie par un siècle et demi d’embruns. Mais le type qui a imaginé tout ça, franchement, qui saurait le nommer ? Le Musée d’Orsay répare l’oubli avec une grande rétrospective consacrée à Auguste Bartholdi, du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027. Titre : « La Liberté éclairant le monde ». Commissariat de François Blanchetière et Juliette Chevée.

Bartholdi, c’est un Alsacien né à Colmar en 1834, mort en 1904, et un homme qui n’aimait rien tant que le colossal. Avant la dame de New York, il avait déjà sculpté le Lion de Belfort, terminé en 1880, et un Vercingétorix à cheval. La démesure comme signature, en somme.

Ce qui rend le personnage attachant, c’est que son œuvre la plus universelle est née d’une blessure très personnelle. Engagé dans la garde nationale à Colmar pendant la guerre de 1870, il voit son Alsace passer sous domination allemande en 1871. Il choisit alors la nationalité française. On comprend mieux, du coup, pourquoi cet homme-là a mis autant de lui-même dans une allégorie de la liberté.

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Pour prolonger la visite, la biographie de référence signée Robert Belot, l’un des meilleurs spécialistes du sculpteur.

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L’expo ne se contente pas d’aligner esquisses, plâtres et maquettes. Orsay a monté en parallèle une expérience de réalité virtuelle, « Une statue pour la Liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York », déployée sur près de 700 mètres carrés dans la Galerie Amont. Comptez cinquante minutes, dont trente-cinq le casque sur la tête. On y descend dans l’atelier Gaget, Gauthier et Cie, reconstitué avec soin, là où près de six cents artisans ont martelé et assemblé le colosse de cuivre, plaque par plaque. C’est peut-être ça, le vrai sujet : pas le mythe américain, mais la sueur parisienne qui l’a fabriqué.

Alors oui, la VR muséale peut vite virer au gadget, on l’a tous vu au moins une fois. Mais dans ce cas précis, l’idée tient debout : la statue a d’abord été un chantier avant d’être un symbole, et un chantier, ça se visite mieux immergé qu’à travers une vitrine.

Pour qui ? Pour à peu près tout le monde. Les amateurs de sculpture du XIXe, évidemment, mais aussi les familles et les curieux qui n’ont jamais fait le lien entre la carte postale new-yorkaise et un atelier du 17e arrondissement. Ça se tente franchement.

Crédit photo : William Warby (CC BY 2.0)

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