Culture

Un ado laisse une lettre d’adieu puis réapparaît la nuit, et Adieu monde cruel signe le premier film le plus tendre de la rentrée

posted by Vincent 9 septembre 2026
Affiche du film Adieu monde cruel de Félix de Givry, avec Milo Machado-Graner et Jane Beever

Otto Vidal a quatorze ans. Un matin, il envoie une lettre d’adieu à sa famille et à ses camarades de classe, puis il disparaît. Tout le monde le croit mort. Sauf Léna, une fille de son lycée, qui l’aperçoit un soir en train d’errer dans les rues de la ville. À partir de là, plus rien n’est simple.

C’est le point de départ d’Adieu monde cruel, le premier long-métrage de Félix de Givry, qui sort en salle ce 9 septembre. Un premier film, donc, et pourtant il n’a rien d’un galop d’essai maladroit.

Le sujet, c’est le harcèlement scolaire. De Givry ne s’en cache pas, il puise dans son propre vécu et parle des années de collège comme d’un bagne. On sent que le film vient de là, d’une plaie encore un peu ouverte, et ça change tout. Le harcèlement n’est jamais illustré à coups de scènes chocs, il flotte plutôt en arrière-plan, dans les silences, dans cette manière qu’a Otto de vouloir s’effacer du monde.

Dans le rôle du disparu, on retrouve Milo Machado-Graner, le gamin bouleversant d’Anatomie d’une chute. Il confirme ici qu’il est bien plus qu’une belle rencontre de casting. Face à lui, Jane Beever campe une Léna solaire et têtue, et Françoise Lebrun pose sa voix en narratrice, ce qui n’est pas un détail quand on connaît son histoire avec le cinéma français.

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Puisqu’on parle de Milo Machado-Graner, l’occasion de revoir le film qui l’a fait remarquer, Anatomie d’une chute de Justine Triet.

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Le film a été présenté à Cannes en clôture de la Semaine de la Critique, hors compétition, et il assume un hommage franc à la Nouvelle Vague. On pourrait redouter la carte postale nostalgique, la révérence appuyée aux grands anciens. Il n’en est rien. De Givry filme des adolescents d’aujourd’hui avec une grâce désuète, une douceur presque à contre-courant de tout ce qui se fait en ce moment.

Alors oui, 93 minutes qui prennent leur temps, ça demandera un peu de patience à ceux qui veulent du rythme. C’est un conte, pas un thriller, et il faut accepter de se laisser porter. Mais quel plaisir de voir un jeune cinéaste français oser la tendresse sans en avoir honte.

Distribué par Diaphana, Adieu monde cruel est le genre de premier film qu’on a envie de défendre. Si vous cherchez quelque chose de délicat après une rentrée saturée de blockbusters, foncez.

Crédit photo : Diaphana

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