
Sept ans après avoir remporté The Voice à 16 ans, Maëlle sort son troisième album, Lili, et on sent qu’elle a rangé les masques au placard.
Lili, c’est le surnom que ses parents lui donnaient gamine. C’est aussi le titre de l’album, celui d’une chanson parue au printemps, et carrément un alter ego qu’elle s’est construit pour se regarder en face. L’idée lui est venue d’un endroit inattendu, son avatar dans Les Sims, qu’elle avait justement baptisé Lili. Ça peut sembler anecdotique, sauf que c’est tout sauf gratuit. Elle en a fait un outil pour se demander qui elle est devenue depuis qu’elle a été propulsée dans l’industrie à peine sortie de l’adolescence.
Le disque tourne autour de ça, l’enfance, les souvenirs, cette manière qu’on a de se construire par-dessus ses fêlures. Sur « Blonde Platine », le single le plus solaire, elle parle des relations familiales et de ce sentiment que connaissent pas mal d’enfants, celui de ne pas être vraiment entendu. La production est une pop électronique à la fois taillée pour danser et suffisamment retenue pour laisser passer l’émotion. Un grand écart qu’elle tient plutôt bien.
Ce qui frappe, c’est la sincérité du geste. Maëlle raconte qu’elle avait caché la gamine qu’elle était en démarrant sa carrière, comme si le succès l’avait obligée à jouer un rôle. Ici elle fait l’inverse. Elle va la chercher, elle lui parle, elle lui pardonne un peu. Sur « Lili », écrite avec la chanteuse Ehla, elle s’adresse directement à cette petite fille et à l’ado qu’elle a été. C’est frontal, et ça touche.
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On la suivait déjà avec « Toutes les machines ont un cœur » ou son duo « Mirror » avec les Belges de Puggy l’an dernier. Là, elle passe un cap. Fini l’image lisse de la lauréate de télé-crochet, elle assume ses références geek, ses fragilités, ses années un peu cabossées.
Alors est-ce que tout se tient sur la longueur ? Pas complètement. Quelques titres restent dans une zone pop confortable, un peu attendue, et on aurait aimé qu’elle pousse encore le curseur de l’audace électronique. Mais l’ensemble respire juste, sans jamais surjouer la confession.
Pour qui aime la pop française qui ne se cache pas derrière les paillettes, Lili vaut vraiment le détour. C’est le disque d’une artiste qui arrête de s’excuser d’exister. Et ça, ce n’est pas rien.
Crédit photo : Universal Music / Maëlle





