
Il vous reste une poignée de jours. L’exposition « Clair-obscur », à la Bourse de Commerce, ferme ses portes le 24 août, et ce serait dommage de passer à côté.
Le principe tient dans son titre. François Pinault a sorti une centaine d’œuvres de sa collection pour raconter cette vieille histoire de peinture, celle des zones d’ombre qui font surgir la lumière, du visible qui bascule dans l’invisible. Sauf qu’ici on ne parle pas de Caravage ni de Rembrandt : tout est moderne et contemporain, vingt-six artistes qui rejouent le clair-obscur à leur façon.
On y croise Victor Man, Sigmar Polke, Yves Tanguy, Jean Dubuffet, Bruce Nauman, Germaine Richier, Danh Vo… du lourd, donc. Et pour la première fois, la collection ose glisser quelques pièces modernistes au milieu de son habituel contemporain.
Le moment fort, il est sous la coupole. Pierre Huyghe a installé son film Camata dans la Rotonde, et c’est le genre de pièce qui vous cloue sur place un bon quart d’heure sans que vous compreniez tout de suite pourquoi. Laura Lamiel, elle, a eu carte blanche pour les vitrines du Passage, avec des œuvres créées pour l’occasion.
Envie de comprendre d’où vient cette histoire d’ombre et de lumière ? Ce petit guide pratique reprend le clair-obscur pas à pas, crayon en main.
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La presse a globalement suivi. Libération parle d’une expo « riche », en s’arrêtant sur la salle Victor Man. Télérama la trouve « foisonnante ». Foisonnante, c’est le mot juste, et c’est peut-être aussi son petit défaut : on ressort la tête pleine, un peu saturé, avec le sentiment d’avoir vu trois expositions en une. Prévoyez du temps, et évitez d’y aller un jour où vous êtes déjà fatigué.
Est-ce que ça vaut le déplacement ? Franchement oui. Le bâtiment de Tadao Ando à lui seul justifie la visite, et l’accrochage joue intelligemment avec cette architecture de béton et de lumière rasante. C’est le genre d’endroit où l’obscurité n’est pas un décor, mais un vrai sujet.
Pour qui, alors ? Pas seulement pour les habitués de l’art contemporain. Si vous trouvez ça hermétique d’habitude, celle-ci pourrait bien vous réconcilier avec le truc, parce qu’elle part d’une idée toute simple que tout le monde comprend : ce qu’on voit dépend de ce qu’on nous cache.
Après le 24 août, ce sera trop tard. À bon entendeur.
Crédit photo : Jean-Pierre Dalbéra (CC BY 2.0)





