Culture

Sophie Divry enferme une famille recomposée sous l’orage des Alpes, et Rochebrune se lit comme une tempête qu’on prend en pleine figure

posted by Vincent 3 septembre 2026
Couverture du roman Rochebrune de Sophie Divry, aux éditions Actes Sud

Un couple qui bat de l’aile décide de partir se refaire une santé à la montagne. Vous connaissez la chanson, sauf que là, ça tourne mal.

Isabelle et Xavier ont chacun un enfant d’avant, une histoire commune qui grince, et l’idée un peu naïve qu’un séjour d’automne dans un village des Alpes va tout recoller. Xavier veut son sommet, sa course en solitaire, sa preuve qu’il tient encore debout. Isabelle, elle, regarde le voisin d’un peu trop près pendant que les gamins fêtent Halloween. Et puis la pluie arrive. Elle ne s’arrête plus.

C’est le nouveau roman de Sophie Divry, paru le 19 août chez Actes Sud, deux cent vingt-quatre pages qui se dévorent bien plus vite que la longueur ne le laisse croire. L’autrice fait tourner son récit entre ses quatre personnages, chacun avec sa petite musique intérieure, ses lâchetés, ses envies de fuite. Personne n’est vraiment sympathique, personne n’est vraiment détestable non plus, et c’est là que ça devient intéressant.

Ce qui frappe d’abord, c’est le rythme. Divry écrit des phrases nettes, sans gras, avec une limpidité qui fait qu’on tourne les pages sans même s’en rendre compte. Le livre glisse du drame conjugal vers quelque chose de plus large, une histoire de crue, de barrière qui cède, de nature qui reprend ses droits quand les humains s’entêtent à jouer leur petit théâtre.

Rochebrune, Sophie Divry (Actes Sud)

Envie de vous laisser emporter par la tempête de Sophie Divry ? Le roman est ici :

Rochebrune, Sophie Divry (Actes Sud) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Il y a du thriller là-dedans, une vraie tension qui monte au fil des chapitres. Il y a aussi de la satire sociale, un regard assez féroce sur nos vies de gens qui veulent tout, tout de suite, en refusant de voir que le décor s’effondre. Et puis, contre toute attente, il y a de l’humour. Divry ne se prend pas au sérieux, même quand elle parle de fin du monde.

On sort de là un peu secoué, comme après un orage justement. Le procédé du huis clos climatique n’est pas neuf, et certains trouveront le message écologique un poil appuyé sur la fin. Mais franchement, c’est un reproche de gourmand.

Pour qui aime les romans qui vont vite, qui pincent et qui font réfléchir sans jamais peser, Rochebrune est une très belle porte d’entrée dans l’univers de Sophie Divry. Un des livres qu’on refile aux copains, quoi.

Crédit photo : Actes Sud

Leave a Comment

À lire