Culture

Valentin Musso revient avec un roman d’été tout en secrets de famille, et c’est moins palpitant qu’on l’espérait

posted by Vincent 26 juin 2026
Couverture du roman Le Domaine aux secrets de Valentin Musso, editions Julliard

Valentin Musso, c’est devenu une valeur sûre du thriller à la française. On le lit l’été, sur une terrasse, et on tourne les pages sans s’en rendre compte. Son nouveau livre, Le Domaine aux secrets, vient de paraître chez Julliard. Et cette fois, l’auteur change un peu de registre.

Oubliez le polar nerveux et les courses contre la montre. Ici, on est dans le drame familial, presque le roman d’apprentissage, avec un parfum de France d’avant.

L’histoire commence en 1962. Adrien Blondeau a quinze ans. Il débarque à la Vénerie, un grand domaine de la campagne lyonnaise où sa mère vient d’être engagée comme gouvernante. Le maître des lieux, Henri Mallet, est un notable typique de l’époque : député respecté, ancien résistant, le genre d’homme qu’on ne soupçonne de rien. Il prend le jeune Adrien sous son aile.

Et puis il y a Clara, la fille cadette de la maison. Brillante, rebelle, le premier amour évident. Un été de baignades dans la rivière et de confidences, jusqu’au moment où deux drames font tout basculer.

Vingt ans plus tard, Adrien est devenu journaliste. On le rappelle à la Vénerie, au chevet d’un Henri Mallet mourant. Les secrets enterrés depuis 1962 remontent à la surface.

Le Domaine aux secrets — Valentin Musso (Julliard)

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Sur le papier, le mécanisme est imparable. Cette structure à deux époques, l’enfance et le retour, Musso la maîtrise parfaitement. L’atmosphère est sa grande réussite : on sent la chaleur de cet été 62, la lumière, puis le poids de ce qui n’a pas été dit. C’est joliment écrit, posé, et ça se lit tout seul.

Là où je suis plus réservé, c’est sur la mécanique des révélations. Musso nous a habitués à des fins qui retournent le cerveau. Ici, on devine assez vite où il veut nous emmener. Le suspense est moins tendu, les surprises moins surprenantes. Plusieurs lecteurs l’ont noté : on referme le livre divertis, mais sans la claque attendue.

Faut-il le lire pour autant ? Si vous cherchez le thriller haletant qui vous tient jusqu’à trois heures du matin, vous risquez d’être un peu déçu. Mais si vous voulez un beau roman d’ambiance pour les vacances, avec de vrais personnages et un vrai sens du romanesque, celui-là remplit son contrat.

Disons que c’est un Musso à savourer lentement plutôt qu’à dévorer. Ce qui, après tout, tombe plutôt bien pour l’été.

Crédit photo : Éditions Julliard

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