Culture

Une randonneuse disparaît sur le sentier des Appalaches, et Amity Gaige en fait le roman le plus haletant de la rentrée

posted by Vincent 10 août 2026
Couverture du roman Heartwood d'Amity Gaige (Gallmeister), une femme de dos face a une foret

Le 19 août, Gallmeister ouvre sa rentrée avec Heartwood, et c’est le genre de livre qu’on attaque dans le métro pour le finir à trois heures du matin. Amity Gaige y raconte la disparition de Valerie Gillis, une randonneuse de 42 ans avalée par les forêts du Maine, quelque part sur les milliers de kilomètres du sentier des Appalaches.

Le point de départ, on le connaît presque par cœur. Une femme part marcher seule et ne revient pas. Sauf que Gaige refuse le thriller mécanique. Elle éclate son récit en trois voix qui ne se croisent jamais vraiment.

Il y a Valerie d’abord. Perdue, à court d’eau, elle griffonne des lettres à sa mère pour tenir. Ces pages-là sont les plus belles du livre, une façon de rester vivante en continuant de parler à quelqu’un.

Il y a Beverly ensuite, garde-chasse chevronnée qui pilote les recherches tout en fuyant ses propres histoires de famille. Et puis Lena, une vieille dame coincée en maison de retraite, persuadée de reconnaître dans la disparue la fille qu’elle a perdue. Détective improvisée depuis son fauteuil, elle apporte au roman sa part la plus étrange et la plus touchante.

Heartwood - Amity Gaige

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Gaige s’est inspirée d’un fait réel, l’affaire Geraldine Largay, cette marcheuse de 66 ans évaporée du même sentier en 2013 et retrouvée deux ans plus tard. Elle en garde l’essentiel, cette idée vertigineuse qu’on peut se volatiliser à quelques centaines de mètres d’un chemin balisé, sans que personne vous retrouve.

Ce qui frappe, c’est le double niveau. En surface, une course contre la montre, la forêt qui se referme, le froid, la faim. En dessous, un roman sur les mères et les filles, sur ce qu’on se dit trop tard et ce qu’on ne se dit jamais. Le nature writing maison de Gallmeister est bien là, mais il sert une tension psychologique qui monte page après page.

Alors oui, 416 pages, ça peut sembler beaucoup pour une histoire de disparition. Dans les faits, on ne voit pas le temps passer, et la traduction de Juliane Nivelt file toute seule.

À 24,90 euros, c’est le roman idéal pour la fin de l’été, quand on a encore envie d’un livre qui vous tient et pas seulement d’une jolie couverture. Si vous n’avez qu’un titre à emporter en librairie le 19, ça se considère tout à fait.

Crédit photo : Gallmeister

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