
Depuis le 18 septembre, Miley Cyrus signe simplement Miley. Plus de nom de famille, comme une marque devenue évidente, une chose qu’elle n’a plus besoin d’expliquer à personne.
Bass Persuades, son dixième album, arrive avec cette assurance-là. Et un petit virage discret mais parlant : après des années chez Columbia, la voici chez Atlantic.
Dix titres, pas un de plus. L’album vise le direct, le dansant, quelque chose qui tape sans trop réfléchir, entre pop électro et guitares qui grattent. On pense à Lady Gaga, à Britney période machine à tubes, mais aussi à son propre Plastic Hearts de 2020, dont elle recycle les nervures rock un peu sombres.
Il y a de vraies idées là-dedans. Different Religion, avec le groupe Model/Actriz, part vers un post-punk électronique tendu qui lui va franchement bien. Neon Signs convoque Andrew Wyatt, de Miike Snow, et respire mieux que le reste. Innocent Ways ressort le grunge de son adolescence de star Disney reconvertie en rockeuse. Et puis Let’s Get Married, ballade sincère, prouve qu’elle sait encore poser une émotion sans la surjouer.
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Sauf que voilà. L’accueil est tiède, et les chiffres, eux, sont carrément froids. 6,2 millions de streams le premier jour sur Spotify, c’est le pire démarrage de toute sa carrière. Pour une artiste de ce calibre, qui restait sur le triomphe planétaire de Flowers, la douche est glaciale.
Alors, mauvais album ou mauvais timing ? Un peu des deux. Bass Persuades n’a rien de honteux, il fourmille même d’intentions. Le problème, c’est qu’il court dans tous les sens en même temps, rock ici, électro là, ballade au milieu, sans jamais poser une direction claire qu’on puisse retenir. On sort de l’écoute en se disant qu’elle a du talent à revendre, mais qu’elle a oublié de choisir une chanson qui vous colle en tête.
Miley assume, forcément. Elle raconte un disque arrivé naturellement, sans contrainte, guidé par une vision tenue du début à la fin. C’est tout à son honneur. Reste que la liberté totale, en musique, produit parfois des albums qu’on respecte plus qu’on ne les réécoute.
Pas de grande tournée derrière, juste trois soirs au Hollywood Bowl à la mi-octobre. Comme si, au fond, elle savait déjà que ce disque-là se vivrait mieux en intime qu’en stade.
Crédit photo : Atlantic Records





