Culture

Bonobo revient quatre ans après Fragments, et Distance In Static hésite joliment entre le club et le salon feutré

posted by Vincent 22 septembre 2026
Pochette de l'album Distance In Static de Bonobo

Simon Green a sorti son nouvel album le 11 septembre, chez Ninja Tune, et si vous avez déjà dansé sur « Black Sands » ou laissé traîner « Fragments » un dimanche pluvieux, vous savez à peu près à quoi vous attendre. Bonobo, c’est ce truc assez rare: une électronique organique, pleine de vraies cordes et de vrais souffles, qui marche aussi bien dans un festival qu’à faible volume dans un salon.

« Distance In Static » prolonge exactement cette double vie. L’album alterne les morceaux taillés pour la piste et les plages downtempo plus contemplatives, et il le fait avec un vrai sens du dosage: on monte, on redescend, on repart. Green a enregistré un peu partout, de Los Angeles à Tokyo en passant par Londres et même le ranch de Neil Young, et ça s’entend dans cette impression de collage soigné, jamais bâclé.

Il s’entoure bien, aussi. Nilüfer Yanya, la Japonaise Ichiko Aoba, la Londonienne Joy Crookes: les voix invitées apportent de la chair là où l’électronique de Bonobo pourrait tourner à vide. Quand ça marche, c’est diablement élégant, avec ce mélange de jazz, de soul et de rythmes qui lorgnent vers l’Afrique et les Caraïbes.

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Sauf que voilà, tout n’est pas parfait. Une partie de la presse pointe une forme de routine: la recette Bonobo, ces percussions ciselées qui glissent en surface et ces nappes de cordes qui promettent une émotion qui ne vient pas toujours. Far Out lui met un petit 2,5 sur 5 et parle d’un kaléidoscope qui ne se déploie jamais vraiment. Le reproche n’est pas idiot: à force de perfectionner sa formule, Green finit parfois par ronronner.

Mais bon, tout dépend de ce que vous cherchez. Si vous attendez le grand frisson d’un « Black Sands », vous risquez de rester un peu sur votre faim. Si vous voulez surtout une heure de musique fluide et chaude, parfaite pour travailler, cuisiner ou regarder la pluie tomber, l’album fait très bien le job. Et deux ou trois morceaux, portés par les voix invitées, dépassent nettement ce statut de fond sonore de luxe.

Pour moi, c’est un Bonobo mineur mais attachant, le genre de disque qu’on n’écoute pas religieusement mais qu’on rallume souvent. À vous de voir si ça vous suffit. En tout cas, quatre ans après Fragments, il n’a rien perdu de son savoir-faire, et c’est déjà pas mal.

Crédit photo : Ninja Tune

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