Culture

À 80 ans, Neil Young sort Second Song avec les Chrome Hearts, sept chansons enregistrées presque sans filet

posted by Vincent 18 septembre 2026
Pochette de l'album Second Song de Neil Young & The Chrome Hearts : Neil Young au volant d'une vieille voiture

Neil Young a sorti un nouvel album ce 18 septembre, et il s’appelle Second Song. Sept titres, à peine électrifiés, gravés avec les Chrome Hearts, ce groupe qu’il traîne derrière lui depuis un peu plus d’un an. C’est leur deuxième disque ensemble.

Rien de spectaculaire sur le papier. Un peu plus d’une demi-heure, enregistrée au studio Shangri-La de Malibu sous la houlette de Lou Adler, le producteur qui traînait déjà dans les parages des Mamas and the Papas au siècle dernier. Cinq morceaux inédits, plus deux anciens, « Casting Me Away From You » et « I’ll Love You Forever », ressortis dans des versions jamais publiées. On est loin des grands raouts électriques avec le Crazy Horse.

Et c’est justement ce qui rend le truc attachant. Young ne cherche visiblement plus à impressionner qui que ce soit. La chanson-titre, lâchée dès le 7 août, dure près de onze minutes et demie et prend tout son temps, comme si le bonhomme n’avait plus aucune raison de se presser. Le disque parle de mémoire, du temps qui file, de la route qui reste devant. Bref, exactement les obsessions qu’on lui connaît depuis Harvest, sauf qu’aujourd’hui elles n’ont plus rien de posé. Elles sont vécues.

Second Song (vinyle)

Second Song existe aussi en vinyle, pour ceux qui préfèrent le poser sur une platine plutôt que de le faire défiler en streaming.

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Faut-il pour autant crier au chef-d’œuvre ? Non. Second Song ne réinvente strictement rien, et les inconditionnels du Young rageur, celui qui fait hurler sa guitare pendant vingt minutes, resteront sur leur faim. C’est un album de veillée, de fin de journée, à écouter à voix basse. Sa voix chevrote un peu plus qu’avant, quelques notes tremblent. On peut trouver ça fragile. Moi, je trouve ça juste.

Parce que voilà un musicien qui aurait pu se contenter de ressortir ses classiques en tournée et d’encaisser, et qui continue au contraire d’écrire et de publier des disques à un rythme que des artistes de trente ans lui envieraient. Il en est à une bonne cinquantaine d’albums studio, et il donne encore l’impression de chercher quelque chose.

Alors si vous aimez Neil Young, foncez, vous savez déjà à quoi vous attendre et vous ne serez pas déçus. Si vous ne l’avez jamais vraiment écouté, ce n’est peut-être pas la meilleure porte d’entrée. Commencez plutôt par After the Gold Rush ou Harvest, puis revenez à Second Song plus tard, comme on rend visite à un vieil ami.

Crédit photo : Reprise Records

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