Culture

Netflix retrace l’Unabomber en partant d’une salle d’expériences à Harvard, et le film arrive le 25 septembre

posted by Vincent 18 septembre 2026
Affiche officielle du film Unabomber, avec Russell Crowe, sur Netflix le 25 septembre

Netflix sort le 25 septembre un film qui prend Ted Kaczynski par un angle inattendu. Pas le mythe du terroriste reclus dans sa cabane du Montana, celui qui a expédié des colis piégés pendant dix-sept ans. Plutôt le gamin surdoué, entré à Harvard à seize ans, et ce qu’on lui a fait subir là-bas.

Le film s’appelle sobrement Unabomber. Derrière la caméra, Janus Metz, le Danois qui avait signé le très bon Borg/McEnroe. L’histoire avance sur deux fils tressés : le jeune Kaczynski dans les années 1950, et sa traque par le FBI des décennies plus tard, l’une des plus longues et coûteuses de l’histoire de l’agence.

Le vrai sujet, c’est le professeur. Russell Crowe joue Henry Murray, psychologue star de Harvard qui a soumis pendant trois ans de jeunes étudiants, Kaczynski compris, à des séances d’humiliation psychologique filmées et répétées. On a appris bien plus tard que ces travaux baignaient dans le climat des recherches financées par la CIA à la même époque. Le film ne dit pas que Murray a fabriqué un tueur. Il pose une question plus dérangeante : qu’est-ce qu’on abîme, chez un cerveau de dix-sept ans, quand on décide de le briser pour la science ?

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Puisque la presse américaine compare la mise en scène de la traque au Zodiac de Fincher, autant (re)voir la référence :

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Jacob Tremblay, l’enfant de Room devenu jeune adulte, campe Kaczynski. Shailene Woodley incarne l’agente du FBI lancée sur ses traces, et Annabelle Wallis complète le tableau côté laboratoire. La presse américaine qui a vu la bande-annonce résume la chose d’une formule assez juste : du Good Will Hunting qui aurait mal tourné, filmé comme le Zodiac de Fincher.

C’est là que je suis partagé. Le risque, avec ce genre de portrait, c’est de rendre le personnage fascinant au point d’excuser l’inexcusable. Kaczynski a tué trois personnes et en a blessé vingt-trois, ça ne se romance pas. Mais l’angle Murray déplace le curseur ailleurs, vers une responsabilité institutionnelle rarement racontée au cinéma, et ça, franchement, ça m’intéresse.

Pour qui, du coup ? Pour ceux que les vrais dossiers criminels captivent, à condition d’accepter un film qui préfère la question morale au frisson. Sortie directement sur Netflix, donc à voir tranquillement chez soi. On verra si Metz tient la distance sur deux heures, mais le pari est courageux.

Crédit photo : Netflix

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