Culture

Agnès Martin-Lugand renvoie une famille sur l’île grecque qui l’a brisée, et Retour à Folegandros paraît ce 17 septembre

posted by Vincent 17 septembre 2026
Couverture du roman Retour à Folegandros d'Agnès Martin-Lugand (Michel Lafon), un enfant assis sur un voilier face à la mer

Il y a des écrivains qu’on résume vite, un peu trop vite. Agnès Martin-Lugand traîne encore l’étiquette de romancière « feel good », celle des « Gens heureux lisent et boivent du café », ce premier roman auto-publié sur Kindle en 2012 pour même pas trois euros, repéré par Michel Lafon via Facebook, et devenu depuis un phénomène à près de quatre millions d’exemplaires. Sauf que réduire son nouveau livre à ça serait passer à côté.

Retour à Folegandros, chez Michel Lafon, 424 pages, 21,95 euros. Le titre dit déjà presque tout. Folegandros, c’est une petite île des Cyclades, sèche et magnifique. C’est aussi le lieu d’où Suzanne et Vadim se sont enfuis dix-huit ans plus tôt, après un accident qui a fracturé leur famille. Ils n’y étaient jamais revenus.

Ce qui les y ramène, c’est une lettre. Leur fils Andréas, vingt-cinq ans aujourd’hui, disparu de leur vie depuis trois ans, les convoque sur cette île où son enfance s’est arrêtée net. Il veut qu’on regarde enfin la blessure en face, au lieu de continuer à vivre poliment autour d’elle.

Retour à Folegandros — Agnès Martin-Lugand

Le roman est en librairie et en ligne depuis ce 17 septembre :

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Le sujet pourrait virer au mélo. Il n’y verse pas, et c’est là que Martin-Lugand a progressé. Son écriture laisse souvent les objets parler à la place des mots. Un vieux voilier baptisé Skafos concentre à lui seul une famille, une liberté, un bonheur devenu imprononçable. On comprend sans qu’on nous explique. Et ses personnages échappent au piège du bon et du méchant : personne n’a tout à fait tort, plusieurs loyautés cohabitent sans s’annuler. C’est plus adulte, plus nuancé que ce à quoi on l’attendait.

Une réserve quand même. Le milieu du roman a tendance à reformuler des sentiments qu’on avait déjà saisis dans un geste ou un dialogue, et le rythme s’en ressent un peu. Rien de rédhibitoire, mais on aurait signé pour un texte légèrement plus resserré.

Pour qui ? Pour celles et ceux que la mécanique des secrets de famille touche toujours, et qui aiment quand un décor devient un personnage à part entière. Si vous n’aviez jamais accroché à l’univers de l’autrice, ce roman-là ne vous convertira pas forcément. Mais si vous cherchez une rentrée émotionnelle, sans surenchère, avec le soleil grec en toile de fond et une vraie gravité dessous, c’est un très bon candidat.

Crédit photo : Michel Lafon

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