Culture

Géraldine Nakache filme une emprise qui ne dit jamais son nom, et Si tu penses bien sort ce 16 septembre

posted by Vincent 16 septembre 2026
Affiche du film Si tu penses bien de Géraldine Nakache, avec Monia Chokri et Niels Schneider

Il y a des films qu’on regarde en serrant un peu les dents. Pas parce qu’ils sont ratés, mais parce qu’ils touchent trop juste. Si tu penses bien, le nouveau long-métrage de Géraldine Nakache, sorti ce 16 septembre en salle, fait clairement partie de ceux-là.

L’histoire tient en quelques mots. Gil rencontre Jacques, coup de foudre immédiat, mariage rapide. Puis l’étau se resserre. Ce qui ressemblait à une passion devient un huis clos où elle perd peu à peu ses repères, ses amis, sa famille, jusqu’à ne plus vraiment savoir ce qu’elle pense elle-même. Jacques la rassure avec une petite phrase répétée en boucle, celle qui donne son titre au film : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Douce en apparence. Et menaçante dès qu’on y regarde à deux fois.

C’est tout le sujet, en fait : l’emprise. Pas les coups, pas les cris, mais ce lent travail de sape qui transforme l’amour en prison sans barreaux. Nakache fait le choix de montrer la mécanique de l’intérieur, du point de vue de Gil, et c’est ce qui rend le malaise aussi efficace. On comprend comment on entre dans ce genre de relation sans jamais voir la porte se refermer derrière soi.

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Monia Chokri porte le film sur ses épaules, et elle est vraiment remarquable. Son interprétation lui a d’ailleurs valu un prix au Festival du film francophone d’Angoulême. En face, Niels Schneider glisse du charme à la brutalité avec une aisance qui met profondément mal à l’aise, exactement ce qu’il fallait. Clémentine Célarié complète un casting solide.

Alors, est-ce que tout fonctionne ? Pas tout à fait. La critique est partagée, et on comprend pourquoi. Certains reprochent au film une démonstration parfois trop appuyée, une manière d’insister là où la suggestion aurait suffi. Présenté à Cannes Première en mai, il assume un ton grave qui tiendra sans doute quelques spectateurs à distance. Ce n’est pas la sortie détente du mercredi soir, autant le savoir avant de prendre sa place.

Mais si vous acceptez de vous laisser embarquer, il vous reste longtemps en tête. Parce qu’il parle d’un sujet dont on cause beaucoup et qu’on montre rarement bien : comment une personne intelligente et libre peut se retrouver enfermée sans le voir venir. Pour ça, et pour Chokri, ça vaut franchement le détour.

Crédit photo : AlloCiné

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