Culture

Un père embarque ses deux petits sur les routes du Midwest, et il ne dit jamais pourquoi

posted by Vincent 24 juillet 2026
Affiche du film Sur la route d'Omaha de Cole Webley, avec John Magaro devant une voiture sur un desert de sel

Il y a des films qui vous cueillent sans jamais hausser le ton. Sur la route d’Omaha, arrivé mercredi dans nos salles, fait exactement ça.

Le point de départ tient en une image. Une maison saisie, une nuit, un père qui réveille sa fille et son garçon et les charge dans une vieille voiture. Direction Omaha, Nebraska. Les enfants ne savent pas pourquoi on part. Vous non plus, et le film prend ses 83 minutes pour vous le dire.

C’est le premier long métrage de Cole Webley, écrit par Robert Machoian, montré à Sundance en janvier 2025 puis reparti de Deauville avec le Prix du jury à la rentrée suivante. Condor le sort chez nous avec un an et demi de décalage, ce qui est devenu la routine pour ce genre de petit film américain.

John Magaro joue le père, et il le joue à l’économie. Très peu de mots, une mâchoire serrée, des yeux qui font le reste du travail. Ceux qui l’avaient repéré dans First Cow retrouveront la même façon de dire beaucoup en ne bougeant presque pas.

En face, Molly Belle Wright et Wyatt Solis sont d’une justesse assez folle. On a régulièrement l’impression de regarder des morceaux de vie captés au vol plutôt que des scènes écrites, ce qui est le compliment le plus difficile à arracher à un film avec des enfants dedans.

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Si ce genre de chronique de la precarite americaine vous parle, le film de Sean Baker reste la reference du genre.

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La mère n’apparaît pas. Pas de retour en arrière, pas d’explication appuyée, juste une voix et des silences qui pèsent bien plus lourd qu’une scène de deuil en bonne et due forme.

Webley filme les stations-service, les parkings de motel, les aires de repos, tous ces endroits sans qualité où l’on n’est de passage que parce qu’on n’a plus d’endroit à soi. La voiture devient le dernier salon de la famille. Une séquence de feux d’artifice, vue depuis le siège avant, vous dit tout de la solitude de cet homme sans qu’une seule réplique ne l’explique.

Le film assume un rythme lent et une lumière naturaliste, et il tient son secret jusqu’au bout, ce qui agacera ceux qui aiment savoir où ils mettent les pieds. Sauf que voilà, c’est précisément là qu’il vous attrape.

Si Wendy et Lucy ou The Florida Project vous avaient remué, foncez. Si vous cherchez une sortie légère en plein été, attendez plutôt septembre. Et emmenez un paquet de mouchoirs, franchement.

Crédit photo : Condor Distribution

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