Culture

Bonobo revient avec Distance in Static, un huitième album tissé entre Téhéran, Tokyo et le ranch de Neil Young

posted by Vincent 9 septembre 2026
Pochette de l'album Distance in Static de Bonobo (Ninja Tune)

Vendredi 11 septembre, Bonobo pose Distance in Static chez Ninja Tune. Derrière ce nom d’animal, il y a Simon Green, un Britannique qui promène depuis plus de vingt ans une électronique douce et organique, faite de samples cousus main et de vrais instruments. C’est l’un des rares producteurs de sa génération à remplir des salles entières sans jamais hausser le ton.

Quatorze titres cette fois, et un casting de voix qui a de quoi faire tourner la tête. La Pakistanaise Arooj Aftab, Grammy en poche, pose la sienne sur Fire on the Water. La Londonienne Joy Crookes passe aussi, tout comme Nilüfer Yanya, la Japonaise Ichiko Aoba ou Nicole Miglis de Hundred Waters. On chante ici en anglais, en ourdou et en japonais, ce qui donne un disque qui parle plusieurs langues sans jamais sonner comme un catalogue.

Le vrai fil rouge, c’est la matière sonore. Green a fouillé de vieux enregistrements iraniens et des disques de guzheng, cette cithare chinoise, pour en tirer des textures qui flottent entre l’archive et le rêve. Il a enregistré un peu partout : Los Angeles, Tokyo, Londres, et même le ranch Broken Arrow de Neil Young, en Californie. Rien que ça.

Bonobo - Fragments (vinyle)

En attendant Distance in Static, son précédent album Fragments reste une belle porte d’entrée dans l’univers de Bonobo :

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Ceux qui l’ont découvert avec Fragments, en 2022, ne seront pas dépaysés. On reste dans ce grand format cinémascope qui a fait sa marque, ces nappes amples où la mélancolie ne pèse jamais. Le premier extrait, Me and You, sorti en juin, tirait pourtant vers le dancefloor, plus direct, presque taillé pour ses DJ sets. Signe qu’il n’a pas envie de s’endormir dans le joli.

Alors oui, on connaît un peu la recette, et certains lui reprocheront toujours de ne pas prendre assez de risques. Mais bon, quand le savoir-faire est à ce niveau, on lui pardonne volontiers de rester dans sa zone. Distance in Static n’est pas l’album qui va le réinventer, c’est celui qui confirme qu’il n’a rien perdu de son oreille.

À écouter au casque un soir de pluie, ou en vrai à partir de l’automne, puisqu’une nouvelle tournée démarre, avec des dates américaines dès novembre et, on l’espère, un passage par la France derrière. Pour qui aime l’électronique qui prend son temps et raconte quelque chose, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.

Crédit photo : Ninja Tune

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