Culture

Alex Warren passe de SDF à numéro un mondial, et WILDCHILD confirme que ce n’était pas un coup de chance

posted by Vincent 9 septembre 2026
Pochette de l'album WILDCHILD d'Alex Warren : le chanteur flottant dans un ciel bleu, en pull rouge et jean

Vous avez forcément croisé « Ordinary » quelque part cette année. En radio, dans une pub, à un mariage. Ce refrain qui grimpe, cette voix un peu rocailleuse, ce côté gospel de stade. C’était Alex Warren, un Américain de 25 ans qui, il y a encore trois ans, tournait des vidéos débiles sur TikTok avec la bande de la Hype House. Depuis le 28 août, il a un deuxième album, WILDCHILD, et il vaut le coup qu’on s’y arrête.

D’abord parce que son histoire n’a rien de banal. Warren perd son père d’un cancer à neuf ans. Sa mère sombre dans l’alcool et le met dehors à dix-huit. Il dort dans les voitures de ses copains, filme sa vie faute de mieux, et finit par signer chez Atlantic Records. « Ordinary » devient numéro un du Billboard Hot 100, il décroche une nomination aux Grammy dans la catégorie révélation de l’année. Bref, le genre de parcours qu’on n’invente pas.

WILDCHILD, ce sont treize titres, à peine trente-neuf minutes, et une ambition assumée : faire de la grande pop qui parle à tout le monde. Nile Rodgers et John Mayer sont passés en studio, quelque part entre Nashville et Malibu. Les quatre singles, « Fever Dream », « Fine Place to Die », « Passenger » et « Rescuer », donnent le ton. Une pop folk montée en cathédrale, avec des chœurs qui décollent et des paroles qui remuent le deuil, la foi, la reconstruction.

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Est-ce que c’est un grand disque pour autant ? Là, ça se discute. La presse est partagée. Rolling Stone met trois étoiles sur cinq et salue la sincérité du bonhomme. Paste, beaucoup plus sec, lui colle un D et lui reproche de choisir le confort du grand public plutôt que le risque. Les deux n’ont pas complètement tort. Warren a une voix superbe et une émotion vraie, mais il pioche parfois dans les mêmes recettes qu’Imagine Dragons ou Hozier, ces refrains faits pour les stades qui finissent par se ressembler un peu.

Le public, lui, a tranché sans hésiter. Numéro un en Angleterre, en Allemagne, en Australie, aux Pays-Bas, deuxième au Billboard 200. Pas mal pour un garçon qui dormait dehors il y a sept ans.

Si vous aimez la pop généreuse et un peu spirituelle, celle qui ne fait pas dans la demi-mesure, foncez. Si vous cherchez de l’audace et des virages, vous risquez de trouver ça lisse. Moi je le range dans la première catégorie, et je l’écoute en boucle depuis dix jours.

Crédit photo : Atlantic Records

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