
Livres Hebdo a publié son décompte annuel, et la rentrée littéraire alignera 461 romans entre le mois d’août et la fin octobre. Vingt-trois de moins qu’en 2025, qui en comptait 484. La courbe descend, doucement, depuis une dizaine d’années : au milieu des années 2010, on dépassait allègrement les 580 titres.
Sauf que le total ment un peu. Côté français, rien ne bouge : 344 romans, très exactement le chiffre de l’an dernier, dont 68 premiers romans, cinq de moins seulement. La production hexagonale tient sa cadence, imperturbable, saison après saison, comme une machine que personne n’ose ralentir. Ce qui décroche, c’est la traduction. 117 romans étrangers cette année contre 140 la précédente, et vous avez trouvé où sont passés les vingt-trois livres manquants.
C’est le genre de détail qui a l’air purement comptable et qui ne l’est pas du tout. Traduire coûte cher, se vend mal quand le nom de l’auteur ne dit rien à personne, et c’est toujours la première ligne budgétaire qu’on rabote quand les libraires commandent moins. Un automne avec moins d’étrangers, c’est un automne où vous aurez tout simplement moins de chances de tomber sur le livre venu d’ailleurs qui vous retourne.
Le plus gros lancement de la saison, si vous voulez commencer par là :
L’Adolescence du perroquet (Amélie Nothomb) → voir sur Amazon
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Pour le reste, les gros calibres sont au rendez-vous. Amélie Nothomb publie son 35e roman, L’adolescence du perroquet, chez Albin Michel le 19 août, tiré à 150 000 exemplaires, soit le plus gros lancement français de la saison. Philippe Jaenada arrive dès le 12 août chez Flammarion avec L’inconnue du quai de Javel, construit autour d’un fait divers de 1949 et d’un modèle de Montparnasse retrouvée morte. Serge Joncour installe deux couples dans un hameau du Morvan, autour d’une chapelle. Elizabeth Strout retourne à Crosby, dans le Maine, chez les personnages qu’elle traîne depuis vingt ans. Nina Bouraoui publie Championne.
Quatre cent soixante et un romans en trois mois, c’est une quantité déraisonnable, et tout le monde le sait, à commencer par les libraires qui vont devoir en refuser neuf sur dix. Une quinzaine de titres occuperont les tables, les prix et les matinales de septembre. Les autres passeront sans que personne les voie.
Du coup, un conseil pour début septembre : quand vous entrerez en librairie, faites deux pas de plus. La table de devant, vous la connaissez déjà par cœur avant même d’avoir ouvert quoi que ce soit. C’est derrière, quelque part dans les 117, que se cachent les vraies surprises de l’automne.
Crédit photo : Illustration générée par IA





