Culture

Phoebe Bridgers a mis six ans à donner une suite à Punisher, et Lost Weekend valait largement l’attente

posted by Vincent 14 août 2026
Pochette de l'album Lost Weekend de Phoebe Bridgers (Dead Oceans, 2026)

Depuis vendredi, Phoebe Bridgers a enfin un troisième album solo, et il s’appelle Lost Weekend. Six ans après Punisher, c’est long. On avait presque fini par croire qu’elle resterait la voix d’un trio, boygenius, plutôt qu’une artiste sous son seul nom.

Le disque est sorti le 14 août chez Dead Oceans. Seize titres, répartis en trois faces, c’est de très loin son projet le plus ambitieux. La presse a suivi. 92 de moyenne, deux 100 pleins chez NME et The Guardian. Autant dire qu’on l’attendait au tournant, et qu’elle ne s’est pas ratée.

Ce qui frappe d’abord, c’est le son. Bridgers, c’était jusqu’ici la guitare acoustique et les murmures au bord de la rupture. Là, avec Tony Berg, Ethan Gruska, un coup de main de Jack Antonoff et les distorsions d’Alex G, elle passe à quelque chose de bien plus large, presque cinématographique. Le premier extrait, Lost Boys, où reviennent ses complices de boygenius Julien Baker et Lucy Dacus, donne le ton.

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Et puis il y a ce que raconte le disque. Bridgers y affronte la mort de son père, en 2022, sans détour. Un morceau, Never Going Back!, glisse même un message vocal qu’il lui avait laissé. Ça vous cueille. Ailleurs, elle raconte une rupture, puis un nouvel amour, celui-là stable et tranquille. La chanson Bobby, la plus lumineuse qu’elle ait jamais écrite, capte cette euphorie un peu bête du moment où ça marche enfin. Venant d’une artiste dont on connaît surtout les chansons tristes, ça surprend agréablement.

Alors non, tout n’est pas parfait. Seize titres, c’est beaucoup, et deux ou trois auraient pu sauter sans qu’on s’en plaigne vraiment. Mais l’ensemble tient debout, porté par une écriture d’une précision rare, capable de faire cohabiter un deuil et une renaissance sur le même disque.

Si Phoebe Bridgers ne vous avait jamais touché, celui-là ne vous convertira pas forcément. C’est toujours mélancolique, toujours à fleur de peau. Mais si Punisher vous avait cueilli, ou si vous cherchez un album de fin d’été qui creuse un peu plus loin que la playlist de plage, foncez. Lost Weekend est de ces disques qu’on écoute d’un bout à l’autre, tard le soir, sans zapper. En 2026, c’est presque devenu un événement.

Crédit photo : Dead Oceans

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