Culture

Orville Peck garde son masque, mais sur Mule il raconte l’overdose qui a failli l’emporter

posted by Vincent 28 septembre 2026
Pochette de l'album Mule d'Orville Peck : un homme tatoué assis sur un tabouret, tête baissée, coiffé d'un chapeau de cowboy blanc

Vous connaissez peut-être sa silhouette avant sa voix. Orville Peck, c’est ce chanteur de country qui ne montre jamais son visage, planqué derrière un masque à franges depuis ses débuts. Sud-africain, ouvertement gay dans un genre qui n’aime pas trop la nouveauté, il a passé des années à cultiver le mystère. Et voilà que sur Mule, son quatrième album sorti le 18 septembre chez Warner, il fait exactement l’inverse. Il garde le masque, mais il ouvre tout le reste.

Les treize titres racontent une histoire, dans l’ordre. Comment il a sombré, comment une overdose a failli l’emporter, la cure de désintoxication, puis la lente reconstruction. Ce n’est pas un concept plaqué après coup, c’est le fil même du disque. Ça commence par un morceau intitulé « Prologue (Eulogy Of A Man Turned Mule) », une oraison funèbre pour l’homme qu’il était avant, et ça se termine sur le morceau-titre, comme une porte qui se referme.

Peck a rappelé Jay Joyce, le producteur de Bronco, son deuxième album. Et il s’est entouré de sacrées voix. Emmylou Harris, une de ses idoles, chante sur le prologue, aux côtés de Noah Cyrus et d’Allison Russell. Rien que d’avoir Emmylou Harris qui vous accompagne dans votre propre éloge funèbre, ça pose le décor.

Stampede (vinyle)

Pas encore de Mule dans les bacs par chez nous, mais son album précédent, Stampede, se trouve déjà en vinyle si vous voulez apprendre à connaître la voix de baryton du cowboy masqué.

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Musicalement, on reste sur cette pop-country léchée, cet americana un peu cinématographique qui a fait sa réputation. Sauf que voilà, cette fois les paroles pèsent plus lourd que la mise en scène. « Rehab Blues », « The Fall », « Run Out Of Road »… les titres disent déjà presque tout. On passe du chagrin à la douleur brute, puis quelque chose s’éclaircit vers la fin, une forme d’optimisme qui n’a rien de niais parce qu’il a été payé cher.

Mon avis, du coup ? C’est son disque le plus nu, et sans doute le meilleur. Le paradoxe est savoureux, puisque l’homme qui cache son visage n’a jamais été aussi transparent. Là où tant d’albums sur l’addiction versent dans le pathos ou la leçon de morale, Peck garde une pudeur et une élégance mélodique qui rendent l’ensemble supportable, parfois même lumineux.

Si la country ne vous a jamais parlé, celui-là peut quand même vous cueillir, justement parce qu’il parle d’autre chose. Et si vous aimez déjà Orville Peck, préparez-vous, vous ne l’aviez jamais entendu comme ça.

Crédit photo : Warner Records

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