
Björk n’a plus sorti de disque depuis Fossora, en 2022. Quatre ans. Et plutôt que de balancer un single un vendredi matin sur Spotify, elle a choisi d’installer son prochain album dans un musée. L’exposition s’appelle Echolalia, elle occupe les quatre salles de la Galerie nationale d’Islande, à Reykjavik, jusqu’au 20 septembre.
Le cœur du dispositif, c’est une pièce baptisée Nerve Bloom. Une démo d’un morceau encore inédit, quelque part entre les climats de Vespertine (2001) et ceux d’Utopia (2017), diffusée dans le noir sur des peintures de Natalia Kleszczewska et des animations en 3D signées Natalie Liu. On l’écoute au casque, des modèles fabriqués sur mesure par la marque danoise AIAIAI, trente en tout.
Les deux autres installations reprennent des chansons de Fossora. Ancestress, réenregistrée pour l’occasion, et Sorrowful Soil, rejouée sur un cercle de trente haut-parleurs. Deux titres qu’elle avait écrits pour sa mère, Hildur Rúna Hauksdóttir, militante écologiste disparue il y a quelques années. On comprend vite que l’expo n’est pas un gadget promo. C’est un endroit où l’on s’assoit et où l’on écoute, vraiment.
Envie de (re)plonger dans son univers en attendant le disque de 2027 ? Fossora, son dernier album paru en 2022, reste le meilleur point de depart.
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L’album complet, lui, n’arrivera qu’en 2027. Echolalia, ce n’est d’ailleurs pas son titre, juste le nom de l’exposition. Autrement dit, Björk vous fait entendre un bout de son prochain disque avant tout le monde, mais à ses conditions: dans une salle sombre, en Islande, un casque sur les oreilles. Difficile de faire plus à contre-courant du flux permanent.
Et elle n’a pas lésiné sur la mise en scène. Le 12 août, jour d’éclipse solaire totale au-dessus de l’Islande, elle a monté une rave à Vidistadatun, près de Reykjavik, avec Arca et quelques autres, histoire de fêter au passage les quarante ans de son label, Smekkleysa. La totale.
Pour ceux qui ne comptent pas s’envoler pour Reykjavik dans le mois, bonne nouvelle: l’expo doit tourner pendant deux ans, avec des étapes annoncées à Londres, Paris, Tokyo, New York et Sydney. Aucune date pour l’instant, ce qui agace un peu. Mais l’idée qu’un album puisse d’abord exister comme un lieu, et pas comme un fichier, a quelque chose de rafraîchissant. On ira voir, ne serait-ce que pour vérifier si l’émotion tient une fois passé l’effet musée.
Crédit photo : Listasafn Islands (Galerie nationale d’Islande)





