Culture

Les Rolling Stones ressortent un album à plus de 80 ans, et il faudrait vraiment leur en vouloir pour bouder

posted by Vincent 27 juillet 2026
Pochette de l'album Foreign Tongues des Rolling Stones, portrait-collage signé Nathaniel Mary Quinn sur fond rose

On aurait pu croire que « Hackney Diamonds », en 2023, tirait le rideau en beauté. Raté. Les Rolling Stones viennent de sortir « Foreign Tongues », leur vingt-cinquième album studio, et Mick Jagger comme Keith Richards ont visiblement décidé que la retraite attendrait encore un peu.

Le disque est arrivé le 10 juillet, précédé au printemps du single « In the Stars ». Aux commandes, on retrouve Andrew Watt, le même producteur que sur l’album précédent, un type qui a passé son temps à capter le groupe en prises live, tous ensemble dans la pièce, plutôt qu’à empiler les couches en studio. Ça s’entend. Les quatorze titres respirent, ça grince là où il faut, ça traîne un peu la patte sur les tempos lents, et c’est tant mieux.

L’essentiel, ce sont des compositions Jagger-Richards, avec deux reprises glissées au milieu. Une de Chuck Berry, « Beautiful Delilah », qui referme le tout, logique tant les Stones lui doivent à peu près toute leur jeunesse. Et surtout une relecture de « You Know I’m No Good » d’Amy Winehouse, pari risqué qui aurait pu virer à la catastrophe et qui, contre toute attente, tient debout.

La liste des invités donne un peu le tournis. Paul McCartney qui repasse, Steve Winwood, Bruno Mars, Chad Smith des Red Hot, et même Robert Smith de The Cure venu poser sa patte gothique sur un morceau. On pourrait trouver ça opportuniste. Moi j’y vois plutôt une bande de vieux copains qui s’amusent encore.

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Et puis il y a ce titre-là, celui enregistré à Los Angeles en 2021 avec Charlie Watts, quelques mois avant sa disparition. L’entendre cogner sur ses fûts une dernière fois, ça serre forcément quelque chose. Le genre de moment qui vaut à lui seul le prix du disque.

Alors bien sûr, tout le monde n’est pas d’accord. La presse est partagée, autour de 75 sur 100 en moyenne : le Telegraph crie au chef-d’œuvre cinq étoiles, quand d’autres reprochent à Andrew Watt d’avoir un peu trop lissé les aspérités, gommé la crasse qui faisait le sel du groupe. Les deux ont raison, en fait.

Faut-il pour autant se précipiter ? Si vous cherchez la réinvention, passez votre chemin, les Stones à ce stade ne cherchent plus à surprendre personne. Mais pour ce qu’ils sont, un groupe de rock increvable qui joue encore comme si sa vie en dépendait, « Foreign Tongues » fait largement le job. Et ça, à leur âge, c’est déjà une petite victoire.

Crédit photo : Polydor / Universal Music

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