
Si vous voulez comprendre pourquoi Diane Keaton occupe une place à part dans le cinéma américain, le plus simple est encore de la regarder jouer. Actrice, réalisatrice, photographe, icône de mode malgré elle, elle a traversé cinquante ans de cinéma sans jamais ressembler à personne d’autre. Voici cinq films pour s’en convaincre, ou pour replonger.
On commence forcément par Annie Hall, en 1977. C’est le rôle qui lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice et qui a fixé son image pour toujours : le gilet, la cravate, le chapeau, et ce fameux « la-di-da » lâché entre deux phrases. Dans la comédie de Woody Allen, elle ne joue pas Annie Hall, elle est Annie Hall. La relation névrosée entre Alvy Singer et Annie reste un sommet du genre, et sa spontanéité n’a pas pris une ride.
Dans un registre radicalement différent, il y a Kay Adams-Corleone dans la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola. Kay, c’est la petite amie extérieure à la « famille » qui devient l’épouse de Michael Corleone, puis la conscience morale de toute la saga. Keaton y montre la lente transformation d’une femme amoureuse en figure tragique, lucide face à la noirceur du pouvoir. Sa confrontation avec Al Pacino dans le deuxième volet compte parmi les scènes les plus fortes du cinéma américain.
Retour à la comédie avec Tout peut arriver, en 2003. Face à Jack Nicholson en séducteur vieillissant et à un jeune médecin joué par Keanu Reeves, elle incarne Erica Barry, une dramaturge à succès qui redécouvre l’amour après des années de célibat. Le film est drôle, fin, et la complicité entre Keaton et Nicholson fait tout. La preuve qu’une comédie romantique peut très bien fonctionner passé la soixantaine.
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Manhattan, en 1979, marque une autre collaboration avec Woody Allen, en noir et blanc cette fois. Elle y joue Mary Wilkie, une journaliste intellectuelle un peu snob, sûre d’elle en apparence et beaucoup moins en réalité. Ses joutes verbales avec Allen comptent parmi les dialogues les mieux écrits de leur filmographie commune.
Et pour finir, Simples Secrets, en 1996. Un drame familial où elle incarne Bessie, qui a sacrifié sa vie pour s’occuper de son père malade avant d’apprendre qu’elle est atteinte de leucémie. Elle doit alors renouer avec sa soeur, jouée par Meryl Streep, après vingt ans de brouille. Face à Streep et à un tout jeune Leonardo DiCaprio, elle a décroché une nomination à l’Oscar avec un jeu d’une sobriété bouleversante.
Cinq films, cinq facettes, et à chaque fois cette même liberté dans le jeu. La filmographie de Diane Keaton se déguste sans modération, et ces titres ne sont qu’une porte d’entrée. À vous de pousser la porte.





