
Oubliez le héros en collants verts qui décoche des flèches en rigolant. Le Robin des Bois arrivé dans les salles au tout début du mois n’a plus rien d’un justicier joyeux. C’est un homme vieux, épuisé, rongé par ce qu’il a fait. Forcément, ça déstabilise.
Le film s’appelle On l’appelait Robin des Bois, titre français d’un The Death of Robin Hood bien plus explicite. Derrière la caméra, Michael Sarnoski, à qui l’on doit Pig et le dernier Sans un bruit. L’idée lui trotte dans la tête depuis l’enfance. Une vieille ballade du XIVe siècle raconte la mort du hors-la-loi dans un prieuré, loin des forêts de Sherwood. C’est ce moment-là qu’il a voulu filmer, pas les exploits.
Hugh Jackman se glisse dans la peau de ce Robin fatigué, laissé pour mort après un ultime combat. Une femme mystérieuse, jouée par Jodie Comer, le recueille et lui tend une dernière chance de rachat. Bill Skarsgård complète l’affiche. Deux heures pile, produites par A24, la maison américaine qui aime les partis pris.
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Et le parti pris, ici, il est radical. Sarnoski assume un récit lent, sombre, très violent, qui interroge ce qui reste d’un mythe bâti sur le crime et le sang. Pas de flèche héroïque, pas de shérif de Nottingham en méchant de pantomime. Juste un homme qui traîne ses fautes derrière lui.
Sauf que voilà, ce pari ne convainc pas tout le monde. Loin de là. La presse lui a collé 2,8 sur 5, les spectateurs à peine 2,4, et les critiques se contredisent d’une plume à l’autre. Certains saluent un pessimisme rare, une vraie réflexion sur ces héros qu’on ne devrait sans doute pas admirer. D’autres parlent d’un tombeau somptueux mais interminable, où la beauté des décors ne rattrape jamais un propos qui tourne un peu à vide.
Alors on en pense quoi ? C’est un film qui demande de la patience et un certain goût pour le noir. Si vous cherchez du grand spectacle d’aventure, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer ferme. Mais si l’idée d’un mythe qu’on démonte pièce par pièce vous parle, et que Jackman en héros brisé vous intrigue, ça vaut le coup d’œil. À condition de savoir dans quoi vous mettez les pieds. Un Robin des Bois qui meurt pour de bon, ce n’était clairement pas ce qu’on attendait de cet été.
Crédit photo : AlloCiné





