Culture

Gregg Araki revient après douze ans de silence, et son film sur l’art contemporain ne fait pas semblant

posted by Vincent 30 juillet 2026
Affiche officielle du film I Want Your Sex de Gregg Araki, avec Olivia Wilde et Cooper Hoffman

On l’avait un peu oublié, et c’est bien dommage. Gregg Araki, le cinéaste californien qui avait secoué les années 90 avec ses portraits d’ados paumés et queer, n’avait plus tourné de long-métrage depuis White Bird in a Blizzard en 2014. Douze ans de silence. Le voilà de retour cette semaine dans nos salles avec I Want Your Sex, présenté en janvier dernier à Sundance, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas choisi la discrétion.

Le pitch tient dans une rencontre déséquilibrée. Elliot, un vingtenaire gentil mais sans grande ambition, décroche un job auprès d’Erika Tracy, artiste plasticienne aussi célèbre que provocatrice. Elle le prend sous son aile, en fait sa muse et son assistant, puis brouille méthodiquement toutes les frontières entre le travail, le désir et la soumission. Le jeune homme y perd ses repères, et le film avec lui, mais dans le bon sens.

Erika, c’est Olivia Wilde, et elle s’y donne à fond. Elle cabotine, minaude, balance des sentences définitives du genre l’art contemporain est une arnaque, et on ne sait jamais tout à fait si on doit la trouver géniale ou insupportable. C’est exactement l’effet recherché. Face à elle, Cooper Hoffman, le fils de Philip Seymour Hoffman révélé dans Licorice Pizza, apporte cette candeur un peu larvée qui rend le déséquilibre crédible.

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Autour, Araki s’amuse à convoquer une drôle de bande : Johnny Knoxville, Margaret Cho, Daveed Diggs. Le tout dure quatre-vingt-dix minutes, ça ne traîne jamais, et la critique américaine a suivi avec près de neuf avis positifs sur dix.

Ce qui frappe surtout, c’est le ton. On attendait le sulfureux Araki, celui qui filme le sexe sans détour, et il est bien là. Sauf que le film est aussi, curieusement, l’un des plus accessibles de sa carrière. Une comédie qui égratigne le milieu de l’art, ses poses et ses impostures, tout en questionnant le consentement et le désir sans jamais faire la leçon.

Alors oui, le titre peut faire fuir les plus prudes, et l’objet reste franchement adulte. Mais si vous aimez le cinéma qui pique un peu, qui refuse de choisir entre la provocation et l’intelligence, c’est un très joli retour. On avait presque oublié à quel point ça faisait du bien.

Crédit photo : Magnolia Pictures

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