
On l’attendait comme on attend une suite risquée. Confessions on a Dance Floor, sorti en 2005, reste l’un des grands disques club de sa carrière, le genre d’album qu’on ressort à minuit sans jamais se lasser. Alors ressortir le même titre avec un chiffre romain accolé, à 67 ans, c’était tendre le bâton.
Sauf que ça marche. Confessions II, paru le 3 juillet chez Warner, est son quinzième album studio, et surtout ses retrouvailles avec Stuart Price, l’homme qui avait sculpté le son du premier. Les deux reprennent exactement là où ils s’étaient arrêtés : seize titres enchaînés comme un set de DJ, presque soixante-quatre minutes sans coupure, une piste qui coule dans l’autre.
Ça démarre fort avec I Feel So Free, deep house lumineuse, et ça ne redescend quasiment jamais. Le premier single, Bring Your Love, invite Sabrina Carpenter, ce qui n’a rien d’un hasard commercial : les deux générations dialoguent au lieu de se disputer le micro. Danceteria, sorti dans la foulée, sent le club new-yorkais des années 80 sans virer au pastiche.
Et puis il y a les moments où Madonna baisse un peu la garde. Fragile, un morceau drum’n’bass écrit pour son frère disparu, glisse une vraie émotion sous les basses. The Test, un duo avec sa fille Lola Leon, aurait pu tomber dans la carte postale familiale, mais ça sonne juste. L.E.S. Girl referme le disque sur une note presque acoustique, comme si la nuit finissait au petit matin.
Pour prolonger la fête à la maison, l’album existe aussi en double vinyle.
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La presse ne s’y est pas trompée. Variety parle de son meilleur album depuis vingt ans, Rolling Stone de son sommet depuis le premier Confessions. C’est beaucoup de superlatifs d’un coup, et il faut les prendre avec un peu de recul : quelques critiques trouvent l’ensemble répétitif, cette euphorie dance non-stop qui finit par tourner en boucle si on l’écoute d’une traite.
Mais bon, c’est un disque de piste de danse, pas un recueil de poésie. Le juger sur son manque de variété, c’est reprocher à une soirée d’être trop festive. Ce que Madonna réussit ici, et ce n’est pas rien à son âge, c’est de retrouver le plaisir pur sans forcer, sans chercher à prouver quoi que ce soit.
Si vous aviez usé le premier Confessions, foncez. Les autres y trouveront au moins de quoi tenir une fête jusqu’au bout.
Crédit photo : Warner Records





