Culture

Alabama Shakes revient après onze ans de silence, et I Must Be Dreaming valait franchement le coup d’attendre

posted by Vincent 28 août 2026
Pochette de l'album I Must Be Dreaming d'Alabama Shakes, en edition vinyle bleu ciel

Onze ans. C’est le temps qu’il aura fallu patienter pour retrouver Alabama Shakes en studio. Le groupe de Brittany Howard n’avait plus rien publié depuis Sound & Color en 2015, et beaucoup avaient fini par croire l’aventure classée. I Must Be Dreaming, disponible depuis aujourd’hui chez Island Records, prouve le contraire, et de la plus belle des manières.

Petit rappel pour ceux qui auraient décroché. Ce sont les gens de Hold On, ce blues-soul incandescent qui avait sorti de nulle part une bande de gamins de l’Alabama au début des années 2010, avant une pluie de Grammy Awards. Entre-temps, Brittany Howard est partie explorer sa carrière solo, avec un talent qui n’a fait que grandir. On les retrouve désormais en trio : elle au chant et à la guitare, Heath Fogg à la guitare, Zac Cockrell à la basse.

Onze titres, quarante-huit minutes, enregistrés à Nashville avec Shawn Everett à la production. Et ce qui frappe d’abord, c’est l’audace du son. Le groupe a ouvert grand la boîte à outils : célesta, vibraphone, glockenspiel, congas viennent colorer une soul qui refuse de se répéter. Ça part dans tous les sens, ça mélange rock nerveux, batteries presque disco et guitares post-punk, et pourtant l’ensemble tient parfaitement debout.

Alabama Shakes - I Must Be Dreaming

Envie de l’ecouter en vrai plutot qu’en streaming ? Le disque est deja disponible :

Alabama Shakes – I Must Be Dreaming → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Côté écriture, Howard ne se cache pas. Le disque parle d’amour, de mort, de ce lien fragile entre les gens, et surtout des contradictions un peu folles de l’Amérique d’aujourd’hui. American Dream, sorti en single, ausculte le pays sans complaisance. I Feel Hope Coming se transforme en hymne qui redonne du courage sans jamais verser dans le slogan. Et Tea Time, en ouverture, va piocher du côté de l’afrobeat, histoire de vous cueillir dès la première seconde.

La presse suit, largement. Metacritic affiche un 86 qui parle d’acclamation quasi générale, Mojo lâche quatre étoiles. Le mot qui revient partout, c’est qu’Alabama Shakes a avancé avec le temps plutôt que contre lui. Pas de nostalgie facile, pas de resucée des vieux tubes.

Si vous voulez mon avis, c’est le genre de retour qu’on n’attendait plus vraiment et qui vous rappelle pourquoi vous les aimiez. Un disque adulte, généreux, qui prend des risques et qui a la voix de Brittany Howard pour tout tenir ensemble. Vous pouvez foncer.

Crédit photo : Alabama Shakes

Leave a Comment

À lire