Culture

On a failli ne jamais voir ce film, et Coyote vs. Acme est finalement la meilleure surprise de la fin d’été

posted by Vincent 28 août 2026
Visuel officiel du film Coyote vs. Acme : Wile E. Coyote poussé par une bombe géante au coucher du soleil, Bip Bip perché en haut de la pente

L’histoire de ce film est presque plus folle que le film lui-même. En novembre 2023, Warner Bros. termine Coyote vs. Acme, le regarde, puis décide de le faire disparaître. Pas de le sortir plus tard : de l’effacer, purement, pour récupérer une trentaine de millions de dollars en déduction fiscale. C’était le troisième film que le studio rayait ainsi de la carte, après Batgirl et un Scoob! de Noël.

Sauf que là, ça a coincé. Les réalisateurs, les fans, une partie de Hollywood ont hurlé, et quatre jours plus tard Warner faisait machine arrière, autorisant l’équipe à chercher un autre distributeur. Netflix, Amazon, Paramount défilent et repartent. C’est finalement un petit acteur, Ketchup Entertainment, qui rafle les droits mondiaux pour environ 50 millions de dollars début 2025. Et le voilà en salles.

Le pitch tient sur une idée absurde et géniale. Wile E. Coyote, celui qui court après Bip Bip depuis toujours, en a assez de se prendre des enclumes sur la tête à cause des gadgets pourris d’Acme. Alors il attaque la firme en justice. Il embauche un avocat humain aussi malchanceux que lui, Kevin Avery, joué par Will Forte, et se retrouve face à John Cena, requin en costume qui défend le géant industriel. Lana Condor complète le casting, Dave Green réalise, et le tout tient en 103 minutes.

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Ce qui frappe, c’est que ça marche vraiment. Le mélange prises de vue réelles et animation, casse-gueule par nature, tient debout du début à la fin. Le Coyote reste muet, expressif, fidèle à l’esprit de Chuck Jones, et le film en profite pour cogner sur les grosses entreprises qui vendent de la camelote sans jamais assumer. Il y a du cœur là-dedans, pas seulement des gags.

La critique suit, et c’est mérité : 95 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes, un solide 77 sur Metacritic. On sent le film que ses auteurs ont défendu bec et ongles, et ça se voit à l’écran.

Alors oui, c’est un divertissement familial, pas une révolution du septième art. Mais entre un studio qui voulait le brûler pour des raisons comptables et un public qui l’a sauvé, difficile de ne pas avoir envie de lui donner sa chance. Emmenez les enfants, ou allez-y sans eux, ça fonctionne pareil.

Crédit photo : Ketchup Entertainment

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