
On croit tout connaître de Warhol. Les Marilyn en série, les boîtes de soupe Campbell, la Factory et ses fêtes, la perruque argentée. Et puis le Musée du Luxembourg ouvre le 16 septembre une exposition qui prend le contre-pied de cette image, « La ligne et l’image », et vous tombez sur un Warhol que personne ne montre jamais. Le dessinateur.
Parce que oui, avant d’être le pape du pop art, Andy Warhol était illustrateur commercial. Dans le New York des années 50, il croquait des chaussures pour des magazines de mode et des grands magasins, à la main, à l’encre, avec une technique de trait bavé qu’il tamponnait sur le papier. Ça lui a valu des prix et un beau salaire, bien avant la première sérigraphie. Et il n’a jamais lâché le crayon. L’expo réunit environ 150 dessins, complétés de quelques peintures, de photos et d’archives, et couvre toute sa vie. Ça démarre sur un autoportrait de 1942, il a quatorze ans, et ça se termine sur les acryliques de La Cène, en 1986, un an avant sa mort.
Ce qui rend le parcours intéressant, c’est qu’il ne se contente pas de dérouler une chronologie. Il est organisé en cinq thèmes, et certains sont plus intimes que ce à quoi on s’attend. On y trouve l’écriture manuscrite, sa fascination pour les visages, mais aussi tout un pan d’iconographie gay dessinée dès les années 50, à une époque où ça ne se montrait pas, et une section sur la mort, hantée par la tentative d’assassinat qu’il a subie en 1968. On est loin du gadget pop.
Pour prolonger l’expo, ce beau livre Taschen rassemble justement les dessins intimes de ses debuts.
Andy Warhol. Love, Sex, and Desire. Drawings 1950-1962 (Taschen) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
C’est là que se joue le vrai intérêt de la chose. On a tellement réduit Warhol à sa machine à reproduire qu’on a fini par oublier la main derrière. Or ces dessins, tampon, pochoir, collage, préparaient déjà la sérigraphie qui allait le rendre célèbre. Bref, l’artiste industriel qu’on adore détester commençait chaque idée par un trait tremblé, fait main.
L’expo tient jusqu’au 10 janvier 2027, comptez 14 euros, gratuit pour les moins de 16 ans. Si vous pensiez avoir fait le tour de Warhol, allez-y. Vous risquez de rencontrer celui qu’il était avant de devenir une marque.
Crédit photo : Musée du Luxembourg / GrandPalaisRmn (The Andy Warhol Museum)





