
On a longtemps traité les bandes-son de jeux comme des bruitages un peu améliorés. Trois petites notes pour signaler qu’on avait ramassé une pièce, un thème répété jusqu’à la nausée pendant qu’on cherchait la sortie du niveau. Sauf que voilà, ces mélodies sont restées gravées dans des millions de têtes, souvent plus solidement que bien des tubes de l’époque. L’expo Video Games & Music, ouverte depuis le 2 avril et visible jusqu’au 1er novembre 2026 au Musée de la musique, part de ce constat tout simple et le pousse jusqu’au bout.
Le pari des commissaires Fanny Rebillard et Jean Zeid, c’est de placer Koji Kondo au même rang que les grands noms du classique ou du jazz. Kondo, c’est l’homme qui a composé le thème de Super Mario Bros. et celui de Zelda, deux ritournelles que vous êtes capable de fredonner même si vous n’avez jamais tenu une manette. À côté de lui, on croise Nobuo Uematsu et ses fresques orchestrales pour Final Fantasy, ou Masato Nakamura, le monsieur derrière les rythmes speed de Sonic. Rien que ça, ça pose le niveau.
Là où l’expo devient maligne, c’est dans sa scénographie. Plutôt qu’un couloir chronologique bien sage, La Sagna & Racine et l’artiste Mounir Ayache ont construit un parcours en monde ouvert, découpé en biomes : des dunes infinies, une métropole nocturne, une canopée tropicale, un volcan électrique. Vous avancez à votre rythme, vous tombez sur des easter eggs planqués, vous branchez un casque pour un moment plus intime. C’est bien vu, parce que ça respecte la grammaire même du jeu vidéo au lieu de la mettre sous vitrine.
Envie de prolonger la visite chez vous ? La bande originale des 30 ans de Zelda rassemble les themes qu’on fredonne sans y penser.
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Et puis il y a le meilleur : vingt-neuf jeux jouables disséminés partout. Tetris sur un Game Boy géant, du Guitar Hero, du Mario, du Zelda, mais aussi des perles indé comme Journey ou Furi. Des minuteurs de rotation évitent que vous poireautiez une heure devant une borne, ce qui n’était visiblement pas gagné au départ.
Comptez 15 euros plein tarif, 11 euros pour les 18-28 ans, et une ouverture jusqu’à 1h du matin le week-end. Que vous ayez usé vos pouces sur une NES ou que vous n’y connaissiez rien, c’est une belle porte d’entrée dans un art qu’on a trop longtemps snobé.
Crédit photo : Joachim Bertrand / Philharmonie de Paris





