Culture

Syrine Boulanouar lâche une gamine de quatorze ans dans un tournoi de foot de rue, et Bombonera cogne fort pour un premier film

posted by Vincent 26 août 2026
Affiche officielle du film Bombonera de Syrine Boulanouar, avec Emma Boumali au centre

Elle avait déjà filmé le football de rue en documentaire avec Concrete Football, elle avait co-signé Les étoiles vagabondes avec Nekfeu. Pour son tout premier long de fiction, Syrine Boulanouar reste sur le bitume, mais elle passe cette fois à l’histoire pure. Bombonera sort en salles cette semaine, et c’est une jolie surprise.

Le titre, déjà, est un clin d’œil. La Bombonera, c’est le stade mythique de Boca Juniors à Buenos Aires, le temple du foot populaire. Ici, pas de gradins bourrés à craquer, mais un tournoi de street foot organisé dans une arène de quartier, avec ses caïds, ses paris et ses gamins qui rêvent de percer.

Au centre, il y a Enzo, joué par Soufiane Guerrab, qu’on a vu dans Lupin et dans Les Misérables de Ladj Ly. Enzo vit à la rue et arnaque les jeunes prodiges du ballon, il repère les talents pour mieux les plumer. Sauf que voilà, pendant la sélection du grand tournoi, il tombe sur Lisa, quatorze ans, tête brûlée, qui veut devenir la première fille à jouer au milieu des garçons. Et là, le petit combinard se retrouve embarqué dans quelque chose qui le dépasse.

Sur le papier, ça pourrait sentir le film de sport formaté, avec sa gamine attachante et son mentor bourru qui se rachète une conduite. Boulanouar évite le piège la plupart du temps. Elle filme le foot de rue de l’intérieur, caméra collée aux corps, avec une nervosité qui doit beaucoup à son passé de documentariste. Ça court, ça dribble, ça claque, et on y croit.

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Emma Boumali, dans le rôle de Lisa, porte le film sur ses épaules avec un aplomb rare pour son âge. Vimala Pons apporte sa présence bizarre et magnétique en second rôle. Le tout tient en quatre-vingt-sept minutes, pas une de trop, ce qui fait du bien dans un genre qui a plutôt tendance à s’étirer.

Alors non, tout n’est pas parfait. La mécanique du récit reste balisée, on devine assez vite où la réalisatrice veut nous emmener. Mais l’énergie l’emporte, et le propos sur les filles qui forcent la porte d’un monde d’hommes tombe juste, sans jamais faire la leçon.

Si vous aimez le ballon, ou juste les premiers films qui ont de la gueule, celui-là vaut le déplacement. Pour un coup d’essai, c’est franchement encourageant.

Crédit photo : AlloCiné

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