Culture

Lambchop revient après quatre ans avec un disque de chants sacrés, et Punching The Clown est peut-être leur plus beau

posted by Vincent 26 août 2026
Pochette de l'album Punching The Clown de Lambchop (Merge Records)

Il faut imaginer un type de Nashville, Kurt Wagner, qui traîne dans la country alternative depuis le début des années 90 et qui, à chaque album ou presque, décide de tout changer. Lambchop a fait du folk feutré, de la soul de chambre, du disque à moitié bricolé sur ordinateur. Là, pour ce dix-septième album sorti le 21 août sur le label Merge, il attaque quelque chose de complètement inattendu.

Le point de départ, c’est une technique de chant écossaise très ancienne, le lined-out singing. Un chef de chœur lance une ligne, l’assemblée la répète et la déforme, ça se superpose, ça ondule. Un truc qu’on entendait dans les églises presbytériennes il y a des siècles. Wagner le prend et le pose sur ses propres chansons, avec un vrai chœur dirigé par Blake Morgan et deux comparses de choix.

Le premier, c’est Andrew Broder, qui bidouille les textures depuis un moment avec lui. Le second, et là on tend l’oreille, c’est Justin Vernon, autrement dit Bon Iver, venu jouer les notes de banjo qui viennent ponctuer l’ensemble. Autant vous dire que le résultat n’a pas grand-chose à voir avec un disque de country classique.

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Ce qui frappe surtout, c’est la voix. Wagner l’avait longtemps trafiquée, passée à l’auto-tune, planquée derrière des effets. Ici, elle ressort nue, brute, à peine retouchée, comme au tout début. Et cette voix fragile posée sur des chœurs quasi liturgiques, ça donne un album étrangement apaisé, presque hors du temps, en tout cas très loin du vacarme de 2026.

La presse anglophone est unanime, ou presque. Mojo, Under the Radar, Beats Per Minute, tout le monde salue un disque qui ose être franchement hymnal sans jamais sombrer dans le mysticisme de pacotille. Plusieurs parlent carrément d’un des plus beaux Lambchop, ce qui n’est pas rien après seize albums.

Alors ce n’est pas un disque qui se donne au premier écoute. Il faut le laisser tourner, accepter sa lenteur, ses répétitions, son côté prière laïque. Mais pour peu qu’on entre dedans, on tient là un objet rare, qui prouve qu’à plus de soixante ans Wagner n’a toujours pas envie de se répéter. Si vous cherchez quelque chose à écouter tard le soir, la lumière baissée, c’est tout trouvé.

Crédit photo : Lambchop / Merge Records

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