
Six ans qu’on n’avait plus rien eu. Depuis The New Abnormal en 2020, les Strokes s’étaient faits plus discrets qu’un groupe de garage un lundi matin. Et puis voilà Reality Awaits, leur septième album, sorti fin juillet chez RCA et Cult Records. Neuf titres, quarante-deux minutes, produit par Rick Rubin, qui rempile après le disque précédent.
Le groupe a bougé pour l’enregistrer. Une villa au Costa Rica, deux studios en Californie. On sent l’envie de casser un peu la routine new-yorkaise. Deux singles avaient ouvert la marche, « Going Shopping » au printemps, puis « Falling Out of Love » quelques semaines plus tard.
Sauf que voilà, il y a le sujet qui fâche. Julian Casablancas a décidé de passer une bonne partie de ses voix à l’auto-tune, franchement, sans se cacher. Sur un groupe qu’on aime justement pour sa nonchalance un peu crade, ça surprend. Certains y voient une trahison, d’autres une vraie idée. Rolling Stone parle d’un disque parfois excitant, souvent impénétrable, parfois carrément bizarre. Le Guardian, lui, y entend un mariage réussi entre le chaos et la mélodie. Les avis partent dans tous les sens, et c’est presque bon signe.
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Sur le fond, l’album a des choses à dire. Les textes tapent sur le capitalisme, le pouvoir, notre époque un peu paumée, avec cette distance ironique qui a toujours été leur marque. Musicalement ça varie. De la new wave sèche sur « Dine’N’Dash », de la pop presque candide ailleurs, du rock plus classique pour rassurer les nostalgiques. La première moitié tient la route sans problème.
Le hic, c’est la deuxième. Ça traîne un peu, l’attention décroche, et l’auto-tune finit par lasser là où il aurait dû rester un pari ponctuel. Metacritic recense un 71 sur 100, ce qui résume bien l’affaire. Un bon album, pas un grand. Il grimpe quand même à la treizième place du Billboard et à la huitième au Royaume-Uni, donc le public a répondu présent.
Alors, on écoute ou pas ? Si vous aimez les Strokes pour Is This It et rien d’autre, vous risquez de tiquer. Mais si vous acceptez qu’un groupe de quadras ait le droit de se planter en essayant des trucs, il y a de vrais moments à sauver là-dedans. Moi j’y retourne, ne serait-ce que pour « Dine’N’Dash ».
Crédit photo : The Strokes / RCA Records





