
On a longtemps rangé le LSD et les champignons hallucinogènes au rayon des excès hippies des années 60. La série documentaire « How to Change Your Mind », disponible sur Netflix, prend le contre-pied de ce cliché avec une rigueur qui surprend.
Quatre épisodes, quatre molécules. Le LSD, la psilocybine des champignons, la MDMA et la mescaline. Chaque substance a droit à son histoire, son fonctionnement sur le cerveau, et surtout à un état des lieux des recherches scientifiques qui la concernent aujourd’hui.
Aux commandes, on retrouve Michael Pollan, l’auteur du livre dont la série s’inspire directement, épaulé par le documentariste Alex Gibney, habitué des sujets sensibles. Le duo évite soigneusement l’écueil du prosélytisme béat comme celui de la panique morale.
Le propos central tient en une idée. Ces substances, longtemps diabolisées et interdites, reviennent dans les laboratoires comme des pistes thérapeutiques sérieuses. Dépression résistante, addictions, angoisse face à la mort, syndromes de stress post-traumatique : les essais cliniques se multiplient, encadrés et documentés.
Ce qui frappe, c’est le ton. On est loin du trip psychédélique fantasmé. Les chercheurs parlent protocoles, dosages, accompagnement. Les patients témoignent de séances surveillées, dans un cadre médical, à des années-lumière de l’usage récréatif.
Le livre de Michael Pollan dont s’inspire la série Netflix.
Voyage aux confins de l’esprit – Michael Pollan → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
La série prend le temps d’expliquer comment ces molécules agissent. Elles semblent capables de bousculer temporairement les circuits cérébraux installés, de relâcher les schémas rigides qui enferment certains malades dans la souffrance. D’où l’image du « changement d’esprit » qui donne son titre à l’ensemble.
Pollan ne cache pas son propre vécu. Il a expérimenté plusieurs de ces substances dans le cadre de son enquête, et il en parle sans esbroufe, avec une honnêteté qui sert le récit. On sent l’écrivain curieux davantage que le militant.
Il y a évidemment un débat de fond. Faut-il médicaliser ce que d’autres voient comme une expérience spirituelle ou intime ? La série ne tranche pas vraiment, et c’est tant mieux. Elle pose les questions, documente, laisse le spectateur se faire son idée.
On en ressort avec une certitude. Le sujet mérite mieux que les caricatures qui lui collent à la peau depuis des décennies. La science avance, prudemment, sur un terrain longtemps interdit, et ce documentaire en donne un panorama clair et accessible.
Que l’on soit intrigué par les neurosciences, par l’histoire des contre-cultures ou simplement curieux de comprendre pourquoi ces molécules reviennent dans le débat, le voyage vaut le détour. À condition d’accepter que la réalité est souvent plus passionnante, et plus nuancée, que le fantasme.
Crédit photo : DR





