
Une ligne de duvet qui remonte du nombril, sur une photo de campagne en maillot rose. Voilà ce qui a suffi à déclencher une avalanche de commentaires haineux contre Mara Lafontan, mannequin française photographiée pour une marque de lingerie.
Les messages ne s’embarrassaient pas de nuances. « C’est dégoûtant », « on court à la catastrophe », « n’importe quoi ». Tout ça pour quelques poils, ceux que la quasi-totalité des corps humains produit sans demander l’avis de personne.
Plutôt que d’encaisser en silence, Mara Lafontan a répondu. Dans une vidéo TikTok intime et frontale, elle est revenue sur son histoire personnelle, celle d’une enfant très naturellement poilue qui en a longtemps souffert.
Elle raconte la pression du métier. Les séances de laser, les conseils insistants pour épiler les bras, le ventre, tout ce qui dépassait de la norme attendue d’un corps de mannequin. Pendant des années, elle a obéi.
Et puis elle a arrêté de s’en soucier. Sa vidéo n’est pas une provocation gratuite, c’est un constat tranquille : le poil n’est ni sale ni malsain, il n’existe aucun lien hygiénique sérieux entre la pilosité et la propreté du corps.
Elle pose au passage une question qui dérange. Est-ce qu’on demande aux hommes placés dans la même situation d’épiler leurs aisselles, leurs jambes, leur ventre ou leur dos avant de poser ? La réponse, tout le monde la connaît.
S’accepter tel qu’on est, poils compris, sans culpabiliser.
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C’est là que l’affaire devient intéressante. Derrière une bête histoire de poils se cache une vieille mécanique : un corps de femme n’appartient jamais tout à fait à celle qui l’habite. Il doit se conformer, se lisser, se rendre acceptable au regard collectif.
Le mouvement body positive a beau gagner du terrain, la moindre image qui sort du cadre déclenche encore ces réflexes de meute. Comme si montrer un corps réel, avec ses textures et ses imperfections supposées, relevait de l’affront.
Ce qui rend la réaction de Mara Lafontan précieuse, c’est son calme. Pas de revanche, pas de leçon de morale hurlée. Juste une femme qui assume, explique, et refuse poliment de continuer à se raboter pour faire plaisir.
On aimerait que ce genre de polémique appartienne déjà au passé. En attendant, chaque mannequin, chaque influenceuse qui ose dire « et alors ? » fait avancer un peu les lignes. À force, peut-être qu’un duvet sur un ventre cessera de faire la une. On a hâte.
Crédit photo : DR





