Sciences & Vie

BepiColombo touche enfin Mercure, après huit ans à freiner pour ne pas tomber dans le Soleil

posted by Vincent 26 juin 2026
Sonde spatiale aux grands panneaux solaires devant la planète Mercure éclairée par le Soleil

Après huit ans de voyage et 9,3 milliards de kilomètres avalés, la sonde BepiColombo s’apprête enfin à se glisser en orbite autour de Mercure, la planète la plus proche du Soleil. Lancée en 2018 par l’Europe et le Japon, elle doit y parvenir le 21 novembre 2026.

Rejoindre Mercure n’a pourtant rien d’une ligne droite, et c’est tout le paradoxe de cette mission. Plus une sonde se rapproche du Soleil, plus l’attraction de l’astre l’accélère. Pour ne pas filer trop loin, il faut donc freiner sans relâche, en s’aidant de la gravité des planètes croisées en chemin.

Cette chorégraphie, on la doit à un mathématicien italien, Giuseppe Colombo, disparu en 1984, qui avait compris le premier comment ralentir un engin lancé vers le Soleil. La sonde qui porte son nom rejoue son intuition depuis son décollage à bord d’une fusée Ariane 5, avec un survol de la Terre, deux de Vénus et six passages au ras de Mercure entre 2021 et 2025.

Le voyage a pourtant failli mal tourner. À l’automne 2024, les ingénieurs ont constaté que les propulseurs électriques ne fournissaient plus assez de poussée pour assurer le freinage final. Plutôt que de renoncer, l’Agence spatiale européenne a recalculé toute la trajectoire et repoussé l’arrivée de près d’un an.

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À destination, BepiColombo larguera son module de transport et libérera deux orbiteurs jusque-là collés l’un à l’autre, l’européen chargé de cartographier la surface, le japonais d’étudier le champ magnétique. L’ensemble représente un investissement de près de 1,65 milliard d’euros.

Reste à savoir ce que Mercure consentira à livrer. La petite planète n’a été visitée que deux fois, par les sondes américaines Mariner 10 puis Messenger, et elle garde des énigmes tenaces. Un champ magnétique global qu’un corps aussi petit ne devrait pas posséder, et un noyau métallique démesuré qui occupe une part énorme de son volume. Les deux orbiteurs l’observeront de concert pendant au moins un an, sur un sol soumis à des écarts de température parmi les plus brutaux du système solaire.

Huit années d’attente pour quelques années de science, cela peut sembler disproportionné. C’est pourtant ce qui rend l’aventure attachante. Une sonde partie en 2018 qui tient bon face au Soleil, encaisse une grosse avarie sans jamais abandonner et vise malgré tout son orbite au kilomètre près, cela force le respect. Rendez-vous en novembre pour voir si Mercure accepte enfin de livrer ses secrets.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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