
Cela faisait six ans qu’on n’avait pas vu Matthew McConaughey porter un film sur ses épaules. Il revient le 19 août dans Oklahoma Honey, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne choisit pas la facilité pour son retour.
Le film s’appelait The Rivals of Amziah King avant de trouver son titre français. Derrière la caméra, on trouve Andrew Patterson. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c’est le réalisateur de The Vast of Night, ce petit bijou de science-fiction tourné pour trois fois rien qui avait bluffé pas mal de monde en 2019. Sept ans plus tard, il change complètement de terrain.
McConaughey joue Amziah King, un apiculteur de l’Oklahoma, bourru, généreux, musicien à ses heures, qui a bâti tout un petit empire autour de ses ruches. Sauf que le miel, ça se vole, et ça rapporte. Quand sa fille adoptive Kateri refait surface après une longue absence, elle tombe sur un système de corruption bien huilé, avec un gangster local qui tient la région. À partir de là, le conte champêtre vire au polar.
C’est là que Patterson devient intéressant. Il refuse de choisir. Son film démarre comme une chronique folklorique, se mue en thriller, flirte avec le western contemporain, glisse même vers le film musical le temps de quelques morceaux de country. 2h10 au compteur, avec des plans-séquences ambitieux qui capturent des scènes chorales assez impressionnantes. On pense parfois à Jeff Nichols, parfois à Jeremy Saulnier. C’est une drôle de bête, et elle assume.
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Autour de McConaughey, le casting fait plaisir : Kurt Russell, Cole Sprouse, Owen Teague, Tony Revolori. Et une révélation, Angelina LookingGlass, qui tient tête à la star sans se laisser écraser, ce qui n’était pas gagné.
Alors oui, ce mélange de tons peut dérouter. On passe du rire au drame, du bucolique au sordide, parfois dans la même scène, et certains spectateurs trouveront que ça part dans tous les sens. Mais franchement, c’est justement ce qui rend le film attachant. Il ne ressemble à rien d’autre à l’affiche cet été.
McConaughey, lui, est au sommet. On l’avait un peu oublié dans des rôles trop lisses, et il retrouve ici la présence rugueuse qui avait fait la McConaissance il y a dix ans. Si vous cherchez un film qui prend des risques plutôt qu’un blockbuster calibré, celui-là mérite le détour.
Crédit photo : AlloCiné





