
C’est la question un peu folle que pose Michel Bussi dans Code Yesterday, son nouveau thriller paru le 3 septembre chez Presses de la Cité. 360 pages, 22,90 euros, et une hypothèse qui va faire hurler les puristes : John, Paul, George et Ringo, d’accord, mais s’ils avaient toujours voulu vous faire croire qu’ils étaient exactement ce nombre-là ?
Le point de départ tient dans une maison de Penny Lane, à Liverpool. Lonely McKenzie, jeune musicienne, tombe chez ses grands-parents sur la partition manuscrite du tout premier tube du groupe. Un bout de papier qui ne devrait pas exister. Et à partir de là, tout se met à trembler, parce que ce secret vaudrait peut-être aussi cher que la couronne britannique.
Autour de cette trouvaille, Bussi lâche sa galerie habituelle de chasseurs de vérité : un journaliste au surnom improbable de Smoky Slug, un agent du MI5, et jusqu’au Premier ministre en personne. Des morts violentes jalonnent l’histoire de la légende. Le roman avance sur deux époques, l’enquête d’aujourd’hui et les souvenirs d’une certaine Yvonne, et chaque chapitre rouvre un trou dans l’histoire officielle.
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Ce qui marche, c’est le jeu. Bussi ne se prend pas au sérieux, il transforme le mythe en énigme géante et vous invite à douter de tout jusqu’au twist final. Vous le savez si vous avez déjà lu Nymphéas noirs ou N’oublier jamais : le bonhomme adore vous mener en bateau, semer les fausses pistes et retourner la table au dernier moment. Ici, il tient son terrain de jeu idéal, un groupe déjà entouré de mystères réels, de rumeurs et de théories fumeuses. Il n’invente pas le complot beatlemaniaque, il joue avec.
Faut-il tout gober ? Bien sûr que non, et c’est même le plaisir du truc. On sent parfois la mécanique tourner un peu à plein régime, les révélations s’empilent, et les fans très pointus des Fab Four grinceront des dents devant certaines libertés. Mais bon, on n’ouvre pas un Bussi pour un cours d’histoire du rock.
Pour qui, alors ? Pour ceux qui aiment les gros polars d’automne qu’on dévore en deux jours, ceux qui fredonnent Yesterday sans forcément connaître la face B, et ceux que l’idée d’un cinquième Beatle caché fait déjà sourire. On referme le livre avec une petite envie idiote de ressortir les vinyles pour vérifier. C’est réussi.
Crédit photo : Presses de la Cité





