Culture

Cali range son vrai nom dans le titre de son disque, et Caliciuri est l’album le plus intime qu’il ait jamais osé

posted by Vincent 26 septembre 2026
Pochette de l'album Caliciuri de Cali, l'artiste en chemise orange et lunettes de soleil

On connaît surtout Cali pour ses concerts, ceux où il finit trempé, pieds nus, à hurler l’amour au bord d’une scène qui n’en peut plus. Sauf qu’à 58 ans, le cheval fou range un peu son énergie pour poser quelque chose de plus grave.

Son treizième album s’appelle Caliciuri. Et ce n’est pas un pseudo de scène : c’est son vrai nom, Bruno Caliciuri, celui qu’il avait laissé au vestiaire en 2003, quand « C’est quand le bonheur ? » l’a rendu célèbre.

Reprendre son patronyme pour titre, ça dit déjà pas mal de choses. On rentre à la maison, on ouvre les tiroirs, on fait les comptes.

Sur onze chansons, Cali dresse un bilan de vie. Des souvenirs, des blessures, des désillusions, quelques moments de bonheur quand même. Fred Pallem à la réalisation, un enregistrement au studio Black Box près d’Angers, avec de vrais musiciens qui jouent ensemble dans la même pièce. Pas de prod calibrée pour la radio, pas de machine froide. Ça s’entend tout de suite, et ça fait du bien.

Rien que les titres donnent le ton. « Ne fais jamais confiance à un cowboy », « Est-ce qu’on peut vivre sans amour », « Ma dernière chanson ». Il y a du Cali pur jus là-dedans, cette façon de parler d’amour comme si c’était une question de vie ou de mort. Et chez lui, on n’est jamais tout à fait certain que ce soit une image.

Cali - L'amour parfait

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Les arrangements de Fred Pallem, qu’on connaît pour Le Sacre du Tympan, tiennent l’ensemble sans jamais l’écraser. Des cordes qui arrivent au bon moment, un piano qui laisse respirer, une voix mise en avant parce que c’est bien elle le sujet. On sent le disque pensé pour durer plus qu’une saison de radio.

Le danger, avec ce genre de disque-confession, c’est le nombrilisme et la larme facile. Il l’évite la plupart du temps, parce qu’il garde son écriture directe, presque parlée, et qu’il se moque encore un peu de lui-même au passage. Quand ça déborde, on lui pardonne : c’est un peu son métier, déborder.

Si vous aviez lâché Cali quelque part après ses tubes des années 2000, c’est franchement le bon moment pour revenir. Et si vous ne l’avez jamais suivi, voilà une porte d’entrée honnête, un homme de 58 ans qui se regarde sans tricher et qui chante encore comme si sa vie en dépendait.

Onze titres, quarante-quatre minutes, pas un de trop. Ça se considère tout à fait.

Crédit photo : Because Music

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