Culture

Jon Batiste rejoue Mozart en blues, et son « Black Mozart » arrive vendredi

posted by Vincent 12 août 2026
Pochette de l'album Black Mozart de Jon Batiste, portrait peint du pianiste

Jon Batiste sort son nouvel album le 14 août, et rien que le titre pose une question qui traîne depuis deux siècles. Black Mozart, c’est le surnom qu’on collait autrefois à Joseph Bologne, chevalier de Saint-Georges, compositeur français né en Guadeloupe, escrimeur de génie et contemporain du vrai Mozart. On l’avait longtemps rangé au rayon curiosité. Batiste, lui, reprend l’étiquette et la retourne complètement.

Le principe de l’album est simple à résumer, et bien plus réfléchi qu’il n’en a l’air. Batiste prend les mélodies les plus connues de Mozart, celles que vous fredonnez sans toujours savoir d’où elles viennent, et les rejoue au piano seul en y injectant tout ce que la musique noire américaine a inventé depuis : le jazz, le ragtime, le stride, le blues, le gospel, ces rythmes de stomp qui font taper du pied. Dix morceaux, trente-cinq minutes, et trois compositions personnelles glissées au milieu.

C’est le deuxième volet d’une série lancée en 2024 avec Beethoven Blues, salué un peu partout. L’idée n’a rien d’un gadget marketing. Batiste, qui a quand même décroché un Oscar pour la musique de Soul et un Grammy de l’album de l’année, connaît son solfège aussi bien que ses standards de La Nouvelle-Orléans. Quand il écrit que la musique de Mozart « a toujours été moderne », il ne cherche pas à faire joli. Il entend montrer qu’entre une sonate de 1780 et un rag de Harlem, la distance est beaucoup plus courte qu’on ne l’imagine.

Beethoven Blues - Batiste Piano Series Vol.1

Le premier volet de la série, celui qui a lancé l’aventure en 2024 :

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Ce qui accroche, c’est justement ce refus de choisir son camp. On n’est pas devant un exercice de style poussiéreux réservé aux amateurs de disques classiques, ni devant une relecture jazz qui piétinerait l’original. Les deux tiennent ensemble, et le piano seul suffit à faire le pont.

Alors oui, on ne connaît pour l’instant que quelques extraits, et il faudra l’écouter en entier pour juger. Mais l’objet a de quoi toucher un public large : ceux qui aiment le classique sans trop oser le dire, ceux qui viennent du jazz, et tous les autres, curieux de voir ce que devient un vieux répertoire quand un vrai pianiste s’en empare sans révérence.

Si vous avez aimé ce que Batiste a fait avec Beethoven, celui-là devrait vous parler encore plus. Et si le classique vous a toujours un peu intimidé, c’est peut-être la porte d’entrée qu’il vous fallait.

Crédit photo : Decca Records / Verve

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