Culture

Vingt et un ans après, Madonna rouvre le dancefloor et signe son meilleur album depuis une éternité

posted by Vincent 3 juillet 2026
Pochette de l'album Confessions II de Madonna, en tenue violette assise devant un mur d'enceintes

Il fallait oser. Appeler son nouveau disque Confessions II, c’est se comparer frontalement à Confessions on a Dance Floor, ce chef-d’œuvre house de 2005 que même les sceptiques rangent parmi ses sommets. Le piège était énorme. Et pourtant, sorti aujourd’hui chez Warner, ce nouvel album tient la promesse. Mieux : il la dépasse par endroits.

Madonna a rappelé Stuart Price, l’architecte du premier volet, et ça s’entend dès les premières mesures. On retrouve cette idée de disque conçu comme un set de DJ, seize titres enchaînés sans respiration, une heure et quatre minutes qui filent comme une nuit en club. Pas de tubes calibrés pour la radio posés là au hasard. Un flux.

Le retour au dancefloor est assumé, revendiqué même. On est loin des expérimentations mondiales de Madame X en 2019. Ici, c’est de la house, de la techno de Detroit, des nappes qui montent. « Bring Your Love », le duo avec Sabrina Carpenter, va piocher directement dans « Good Life » d’Inner City, un classique de 1988, pour parler d’inspiration entre deux générations. C’est malin et ça marche.

Il y a du beau monde derrière les machines : Andrew Watt, Cirkut, Mirwais, Arca, Stromae, Tainy. Feid passe aussi sur un morceau. Sur le papier ça pourrait partir dans tous les sens, sauf que Price tient la barre et donne au tout une vraie cohérence.

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Mais le disque n’est pas qu’une machine à faire danser. « Danceteria » est une déclaration d’amour nostalgique à ce club new-yorkais des années 80 où tout a commencé pour elle. « Fragile » évoque la réconciliation avec son frère disparu, et là, d’un coup, la fête s’arrête et on a une boule dans la gorge. L’album se referme sur « L.E.S. Girl », une ballade posée, presque un murmure. Madonna se raconte, revient sur ses débuts, ses fantômes.

La presse anglo-saxonne est unanime, ce qui n’arrivait plus depuis longtemps la concernant. Rolling Stone parle carrément de son meilleur album depuis vingt ans, Mojo évoque un retour magnifique sur la piste. Difficile de leur donner tort.

À 67 ans, on l’attendait sur la pente descendante, à ressasser ou à provoquer pour exister. Elle répond par un disque habité, généreux, qui n’a rien à prouver et le prouve quand même. Si vous avez usé le premier Confessions, foncez. Les autres risquent bien d’y prendre goût aussi.

Crédit photo : Madonna / Warner Records

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