
Depuis le 16 juillet, la Grande Galerie de l’Évolution, au Jardin des Plantes, joue une carte inhabituelle. Pas de squelette monumental posé sous les projecteurs comme seule attraction. Ici, on vous met plutôt les mains dans la terre.
« Sur les traces des dinosaures » part d’un endroit très précis, un vrai, à quelques centaines de kilomètres de Paris. Le gisement d’Angeac-Charente, en Charente. Un nom que le grand public ne connaît pas et qui est pourtant l’un des sites paléontologiques les plus riches de France, et le plus important d’Europe pour le Crétacé inférieur, cette période qui remonte à environ 130 millions d’années.
Les chiffres donnent le vertige. Le Musée d’Angoulême, qui conserve ces trésors, aligne plus de 10 000 os identifiés, 70 000 fragments et quelque 80 000 micro-restes. Des dinosaures, mais aussi des crocodiles, des tortues, des plantes fossilisées. Bref, toute une faune du Crétacé qu’on a patiemment sortie de la boue depuis une quinzaine d’années.
Et c’est là que l’exposition devient maligne. Plutôt que de vous coller devant une vitrine, elle vous fait entrer dans le quotidien du paléontologue. Les techniques de fouille, les outils, la façon dont on décide qu’un caillou est en réalité un os vieux de cent millions d’années. La science montrée comme un métier, pas comme un spectacle. C’est franchement rafraîchissant, à l’heure où tout le monde vend de l’immersif à grand renfort d’écrans.
Le paleontologue Ronan Allain, qui dirige justement les fouilles d’Angeac-Charente, raconte l’histoire de ces betes dans un livre limpide et accessible.
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Alors oui, il faut le dire, l’approche est très pédagogique et clairement pensée pour les familles pendant les grandes vacances. Si vous veniez pour le grand frisson jurassique, avec la bestiole qui rugit et vous saute dessus, vous risquez d’être un peu déçu. Ce n’est pas ça le propos.
Côté pratique, l’entrée est comprise dans le billet de la Grande Galerie de l’Évolution, à 14 euros plein tarif, 11 en réduit. Et surtout, vous avez le temps de voir venir. L’expo tourne jusqu’au tout début janvier 2028, ce qui en fait une valeur sûre pour une sortie de dernière minute un mercredi pluvieux.
Si vous voulez mon avis, c’est le genre de proposition qu’on aimerait voir plus souvent. On parle rarement de la Charente quand on pense aux dinosaures, on imagine le Montana ou l’Argentine. Sauf que voilà, le trésor était sous nos pieds.
Crédit photo : Museum national d’Histoire naturelle





